Un nouveau départ

Le Ballon des Vosges au début de l’Automne – à la recherche d’un nouveau lieu – [photo crédit : Camille Chemin]

Si parfois la route est dure avant de voir fleurir son rêve, et que quitter un lieu où l’on a espéré, sué, partagé plus que des mots avec les autres, et même créé un jardin, il faut cependant se relever et repartir…

Le jardin en Août. Permaculture, récupération, coopération en synergie.

La serre, recyclage d’une ancienne piscine abritée, puis de bric et de broc soigneusement arrangée.

Après l’organisation du premier stage de Permaculture Holistique, alliance du savoir de la Permaculture et des Écovillages, un projet d’Université du Vivant a fleuri.

Son but : mettre en œuvre l’écologie par un apprentissage dynamique au sein d’une communauté durant un temps indéfini (de quelques jours à plusieurs années).

Apprentissage permanent, communauté support d’un apprentissage dynamique.

Nous sommes désormais un groupe de 6, recherchant des terres, un lieu pour bâtir ce projet hors du temps, hors de l’ego.

Affiche du premier stage de Permaculture Holistique, qui s’est tenu du 9 au 19 Août dernier.

Dessin représentant l’Université du Vivant (Camille Chemin).

Il y a deux manières de traiter une réalité pour en transmettre un message : le mythe et le simplisme.

La première a l’avantage de réduire en temps par la formule du poème, des aphorismes ou des métaphores une réalité trop complexe à traiter dans un temps donné.

La seconde respecte le temps mais a l’inconvénient de se dédouaner de ses responsabilités et de se permettre de se vautrer dans les jugements sans retour.

La troisième, l’exhaustivité, est impossible. Celle-ci mettrait en danger la transmission en elle-même (pas de temps, pas d’espace) – à moins bien-sûr qu’un devoir nous y pousse, toujours est-il que cela reste un idéal.

J’ai donc choisi la première formule et ai quitté le Val de Consolation pour cause d’impossibilité d’y intégrer l’Université du Vivant. Celle-ci est donc en recherche d’un lieu, de plusieurs lieux ou d’un territoire où s’y poser.

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Si… Tu seras un homme, mon fils

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.

      • poème de Rudyard Kipling, traduit par André Maurois

Artricle écrit à Magny d’Anigon