Cheminer vers l’utopie, sortir du paradisme

L’hiver, moment propice au changement intérieur.

Promouvoir l’utopie ou véhiculer l’idéalisme est un métier dangereux…

Une certaine image de perfection colle à la peau du ou des leaders qui mènent leurs écolieux, écovillages ou lieux alternatifs.

Si certains y échappent, par la démagogie et parce qu’ils brossent leur public dans le sens du poil, en revanche ceux qui aident à développer les capacités et les potentiels se frottent à un mur de déni bien commun.

Peu sont les personnes qui acceptent de cheminer vers leur idéal, ils leur faut tout, tout de suite et parfait : on se rend bien compte qu’ils confondent idéal et « paradisme ».

Le paradisme est alors le mythe du jardin d’Éden revenu à la vie, ou bien un flirt psychédélique – chacun voudrait rêver l’alternative sans ses ombres.

L’alternative devrait être inhumaine, c’est à dire parfaite ou angélique et finalement hors du quotidien et du réel si possible.

Sortons de nos croyances, les bonnes personnes sont certainement là, à rêver que quelqu’un se montre et aie l’audace de démarrer quelque chose…

C’est pourquoi, que l’on soit à Auroville, en Inde, avec 3000 « alternatifs », ou bien dans un quelconque Écovillage : le problème reste le même.

La masse critique de personnes semble la même que l’on soit aux États-Unis, en Allemagne ou bien en France.

On retrouve un noyau dur de personnes qui s’investissent dans le changement sociétal et écologique, celles qui tournent autour et celles qui font de la sape, ne croient pas au projet, le refusent.

Il serait donc facile de penser en tant que leader ou initiateur de projet alternatif écologique de se dire qu’il est plus facile ici ou là de monter un collectif, de démarrer un Écovillage ou un potager partagé, mais il n’en est rien. Les mêmes forces sont à l’œuvre.

Le modèle d’Atkisson de l’Amibe du changement dévoile une constellation fixe, une formation sociale intéressante pour penser un projet collectif (tout projet est collectif, quel que soit le lieu, ou la manière de le faire – car nous devons faire avec l’autre quoi qu’il en soit).

Ainsi, on dénote un certain « ordre » naturel des sociétés et des réactions face au changement.

Voici l’excellent site de Carl Boileau sur un jeu de rôle imaginé pour illustrer la théorie de l’amibe du changement.

Si donc parler d’utopie c’est dangereux, c’est surtout parce que cela vient toucher au système de croyances de celui qui la reçoit : « cela n’est pas possible parce que… », « vous avez tort parce que cela… » – vous connaissez la fameuse expression de Coluche « C’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison ! » – peu sont ceux qui se débranchent de la matrice des conventions sociales.

Poursuivez votre rêve : « D’abord ils vous ignorent, ensuite ils se moquent de vous, après ils vous combattent, et puis vous gagnez ». Phrase attribuée à Gandhi par erreur puisqu’elle est du syndicaliste américain Nicholas Klein, mais peu importe, elle illustre le combat des agents du changement.

Meilleurs vœux 2018.

Amibe du changement sociétal

 

Une belle vidéo (en anglais) sur les applications du développement soutenable.

Écrit à Magny d’Anigon

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