Réponse aux 90% d’échecs

En réponse à la journaliste d’Aeon, qui titrait « la plupart des expériences communautaires sont vouées à une Vie courte, tout comme les Start-ups. Qu’est-ce qui fait la différence entre le succès et l’échec? »

https://aeon.co/essays/like-start-ups-most-intentional-communities-fail-why

De prime abord intéressant dans son accroche, l’article se révèle assez peu creusé, pauvre dans sa description, surtout quant on pense à l’expérience dont la journaliste témoigne…

Je vais m’efforcer cependant de vous préciser des éléments de contexte

« Si les communautés d’aujourd’hui offrent des échappatoires au culte de l’individualiste seulement pour des classes privilégiées bohémiennes, entrepreneurs ou chercheurs spirituels, malgré leur succès matériel certains pourraient bien affirmer qu’elles aient échouées. Si ces expériences collaboratives créent des brèches de sens dans des couches très variées de la population ou pointent du doigt des question centrales de justice sociale et d’économie, l’inégalité reste globalement la même. Peut-être une construction plus usuelle – plus populaire aux États-Unis – serait la « contre-culture » ou « culture alternative » organisée de façon informelle par une grande variété d’individus discrets qui vivent et pensent différemment mais qui se mêlent au « mainstream » (la masse).
Les contre-cultures* ont le potentiel de maintenir une vision et des valeurs bien définies mais utilisent aussi les infrastructures et les avantages de la société de masse. De façons multiples, ces utopies concrètes ne sont rien de plus que des amas, des poches de culture alternative qui s’affichent comme des entités autonomes. »

*Shadow culture en anglais

Je dirais plutôt que la culture alternative, imprécise car elle n’est pas un réseau mais plutôt une amibe culturelle aux interactions difficilement mesurables peut vivre en osmose avec les utopies concrètes. Je pense même qu’une utopie concrète, un écovillage doit vivre de la même façon que celle décrite pour l’individu dans cet article : avec un pied dans chaque culture.

Je ne comprends pas en revanche le côté d' »affiche » de « mise en avant » évoqué par la journaliste. Il y a des individus discrets et d’autres non, des communautés discrètes et d’autres non.

Tout dépend du modèle économique choisi et si la communauté, l’utopie concrète ou l’écovillage dépend de son image pour vendre quelque chose – ce qui est souvent le cas, d’une manière ou d’une autre si l’on veut avoir un pied dans le système globalisé. Quelques ornières culturelles subsistent mais je ne pense pas qu’il ne fasse faire uniquement honneur qu’à une amibe culturelle difficilement identifiable d’acteurs du changement.

L’analyse est donc bien évidemment partielle et partiale. L’auteure, inévitablement vient imprimer son opinion sur des faits non représentatifs de ce que j’ai vu de mon côté.

Je pense au contraire que ces amas de culture alternative son des phares, des repères pour notre futur commun. Sans ces amas, qui rendent ces cultures « autres » identifiables – ils travaillent sans cesse leur vision, leurs valeurs – les nouveaux repères ne pourraient être tracés.

De plus c’est sans compter l’émergence de réseaux et de mouvements fédérant ces communautés intentionnelles qui tissent petit à petit un maillage de changement profond de notre société.

Je ne pense pas non-plus qu’il soit juste de dire que ces communautés soient réservées à des « privilégiés ». Je pense plutôt qu’elles sont des points de rassemblement pour des personnes en quête de sens, qui veulent vivre en cohérence avec leurs valeurs et aspirent à évoluer elles-même. Il faut donc nécessairement une certaine dose de courage pour créer ou rejoindre une communauté intentionnelle, mais aussi de l’humilité pour accepter et trouver sa place au sein d’un collectif.

Pour rejoindre une utopie concrète il faut nécessairement apprendre à s’exprimer en public, à accueillir ses émotions, à évoluer sur le plan individuel, à s’adapter et créer en permanence de nouvelles façons de vivre.

Pour vivre en écovillage, il faut pouvoir vivre au cœur de la Vie.

Lorsque l’on rejoint la foule anonyme, nous pouvons de nouveau nous cacher dans les faux-semblants, les activités chronophages, les images…

Un écovillage n’est donc pas comparable à un réseau informel d’acteurs du changement. Un écovillage est un catalyseur, un point de rencontre et un lieu d’accélération d’évolution individuelle.

En lien, la vidéo Thinkerview sur les Crapauds fous, ces surdoués de l’évolution et du changement qui bousculent les normes, créent des nouveaux tunnels de sens. On y verra une rapide allusion à la Vie en communauté – si naturelle, si nécessaire – de ces individus surdoués.

Il serait encore une fois trop rapide de dire que les écovillages seraient un phénomène artificiel de société. C’est bien plus simple que cela, mais pour le savoir il faut en avoir fait l’expérience.

Sortir du bien-être pour Pacifier nos relations.

Le mot est fort j’en conviens. Ce qui nous divise c’est le bien-être d’un seul. Tout le monde est libre de chercher son bien-être, son bonheur disent les droit de l’Homme. Certes, au détriment d’autrui, car tant que la recherche ne sera pas celle de l’harmonie en général, nous tendrons chacun de notre côté à juger, donc à diviser pour régner sur son petit îlot de bonheur, son pré carré d’air pur.

Or cet air pur vient à manquer. Qui trinque ? Notre belle planète, sur laquelle nous posons nos pas chaque matin grâce à laquelle nous avons le privilège de ressentir la gravité, de ressentir par nos sens sa Réalité.

Une réalité qui tend à disparaître dans l’égoïsme des relations tronquées de la virtualité.
J’ai fui cette virtualité là. J’ai retrouvé la Nature et ma Nature.
Le combat fût rude, sans me ménager, j’ai recherché ma place juste en chaque instant et j’ai appris à discerner plutôt que juger.

La différence est notable :
je juge = ceci est bien, ceci est mal = j’ai raison (donc tu as tort)
je discerne = ceci me convient, ceci ne me convient pas = c’est ma vérité (je dis ce que je suis)

C’est quand même beaucoup plus sympa non ?
Et plus instructif 😉

ça valait le coup : réaliser son écoprojet

le Jura sous les eaux, il y a deux semaines pour notre emménagement

Ça valait le coup, toutes ces erreurs.

Tout ces chemins avortés, ces projets qui se sont cassés en cours de route.
Avec certains nous avons dû nous séparer, avec d’autres nous recroiser.

Puis nous avons appris à rêver – pas à rêver dans le vague – mais à rêver avec certitude, avec intuition, authenticité et détermination.
Puis les événements se sont mis en place, subtilement d’abord – lire le moment présent est une chose qui s’apprend – puis de façon magique et évidente par la suite.

C’est sûr, trouver son style et attirer à soi les bonnes personnes est un travail de longue halène ; on ne nous apprend pas à trouver notre place dans le Monde à l’école.

Si vous voulez vous économiser du temps, travaillez sur vous, vos relations, les symboles, les émotions car c’est d’eux que naissent les possibilités : Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde ! (Gandhi).

Bienvenue à ceux qui veulent nous rejoindre, dans le Jura pour cocréer notre écovillage : ecovillage-st-exupery@tutanota.com

Pour inspiration – ouverture vers plus de tolérance, que l’on croie ou pas aux vies antérieures ou à la psychogénéalogie et aux guides – des parcelles d’intuition, d’intelligence se dévoilent.

Ce que n’est pas un Écovillage…

Enseignement artistique dans la Nature à Taméra

Un Écovillage n’est pas…

un lieu où l’on vit chacun chez soi, un peu comme dans le monde conventionnel mais avec un label « bio… »

un lieu où l’on vit à l’abri des conflits et des émotions

un lieu où l’on va pouvoir ne plus avoir de contact avec le monde extérieur…

… car il ne s’agit pas de fuir la Vie, mais bien de la retrouver

Un Écovillage c’est :

un lieu où l’on va pouvoir se ressourcer

un lieu où l’on invente de nouvelles façons de faire avec le monde libéral dans lequel on est

un espace des possibles, mais pas un espace de tous les possibles

un lieu pour vivre au cœur du monde, au cœur de la Vie

…et où l’on va chercher des solutions, car ce qui se résout au sein d’un groupe dont les relations sont fortes est souvent résolut pour une plus grande population

Tout comme la loi de l’attraction le stipule, ce que l’on change en soi, nous le changeons pour les autres.

Belle année 2018 !

Tamera Heling Biotope, Portugal

Écrit dans le Jura, à Asnans-Beauvoisin

Cheminer vers l’utopie, sortir du paradisme

L’hiver, moment propice au changement intérieur.

Promouvoir l’utopie ou véhiculer l’idéalisme est un métier dangereux…

Une certaine image de perfection colle à la peau du ou des leaders qui mènent leurs écolieux, écovillages ou lieux alternatifs.

Si certains y échappent, par la démagogie et parce qu’ils brossent leur public dans le sens du poil, en revanche ceux qui aident à développer les capacités et les potentiels se frottent à un mur de déni bien commun.

Peu sont les personnes qui acceptent de cheminer vers leur idéal, ils leur faut tout, tout de suite et parfait : on se rend bien compte qu’ils confondent idéal et « paradisme ».

Le paradisme est alors le mythe du jardin d’Éden revenu à la vie, ou bien un flirt psychédélique – chacun voudrait rêver l’alternative sans ses ombres.

L’alternative devrait être inhumaine, c’est à dire parfaite ou angélique et finalement hors du quotidien et du réel si possible.

Sortons de nos croyances, les bonnes personnes sont certainement là, à rêver que quelqu’un se montre et aie l’audace de démarrer quelque chose…

C’est pourquoi, que l’on soit à Auroville, en Inde, avec 3000 « alternatifs », ou bien dans un quelconque Écovillage : le problème reste le même.

La masse critique de personnes semble la même que l’on soit aux États-Unis, en Allemagne ou bien en France.

On retrouve un noyau dur de personnes qui s’investissent dans le changement sociétal et écologique, celles qui tournent autour et celles qui font de la sape, ne croient pas au projet, le refusent.

Il serait donc facile de penser en tant que leader ou initiateur de projet alternatif écologique de se dire qu’il est plus facile ici ou là de monter un collectif, de démarrer un Écovillage ou un potager partagé, mais il n’en est rien. Les mêmes forces sont à l’œuvre.

Le modèle d’Atkisson de l’Amibe du changement dévoile une constellation fixe, une formation sociale intéressante pour penser un projet collectif (tout projet est collectif, quel que soit le lieu, ou la manière de le faire – car nous devons faire avec l’autre quoi qu’il en soit).

Ainsi, on dénote un certain « ordre » naturel des sociétés et des réactions face au changement.

Voici l’excellent site de Carl Boileau sur un jeu de rôle imaginé pour illustrer la théorie de l’amibe du changement.

Si donc parler d’utopie c’est dangereux, c’est surtout parce que cela vient toucher au système de croyances de celui qui la reçoit : « cela n’est pas possible parce que… », « vous avez tort parce que cela… » – vous connaissez la fameuse expression de Coluche « C’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison ! » – peu sont ceux qui se débranchent de la matrice des conventions sociales.

Poursuivez votre rêve : « D’abord ils vous ignorent, ensuite ils se moquent de vous, après ils vous combattent, et puis vous gagnez ». Phrase attribuée à Gandhi par erreur puisqu’elle est du syndicaliste américain Nicholas Klein, mais peu importe, elle illustre le combat des agents du changement.

Meilleurs vœux 2018.

Amibe du changement sociétal

 

Une belle vidéo (en anglais) sur les applications du développement soutenable.

Écrit à Magny d’Anigon

Une Cabane dans la Forêt

Reinold Gober

Le 7 et 10 Novembre dernier, l’Association Méditation Naturelle a organisé une rencontre des Écovillages et de la permaculture, à Paris au Forum104 et en Ariège à Foix.

Le but de ces événements était de réunir non des idéalistes et des rêveurs pour bâtir un futur utopique, mais des pragmatiques, des personnes prêtes à se regarder de l’intérieur avant de blâmer et de poser la faute sur autrui.

En effet, l’un des slogans du G.E.N. (Global Ecovillage Network, Réseau International des écovillages) est issu de la fameuse phrase de Gandhi : « soyez le changement que vous voulez voir dans le Monde ».

Après un périple de 3 ans au sein d’une trentaine d’écovillages, des formations multiples en développement personnel et différentes méditations, ainsi qu’une formation longue à la médiation relationnelle et un passif en agriculture biologique, c’est tout naturellement que j’ai créé l’association Méditation Naturelle pour porter le projet ambitieux de changer le monde en se changeant soi.
Le public est venu nombreux, prendre des informations sur les réseaux existants, et avoir des points de repères sur la manière de développer un Écovillage, une Écocommunauté.
Ce qui m’a poussé et me pousse toujours à divulguer des informations dans ce domaine si riche et complexe soit-il, c’est le syndrome de « la Cabane dans la forêt ».

Je m’explique.

Lorsque j’étais plus jeune, je rêvais d’un lieu où je serai en paix et où je pourrai faire ce qui me plaît en permanence. Mais j’étais dépressif, mal dans ma peau et j’avais tendance à me le cacher avec des rêves idéalisés de vie sauvage. C’est ce que j’appelle le syndrome de la cabane dans la forêt.

Rêver d’une vie idéalisée sans rien faire pour l’atteindre, ou au prix de luttes sans merci avec soi-même ou les autres, c’est un calvaire constant, une punition sans fin.
Lorsque je fis face à ce malaise, il ne me fut plus possible de faire demi-tour : il me fallut avancer sur la voie du développement de Soi.

Gabriel : – Aujourd’hui, dans nos pays « sur-développés » matériellement il est tragique de constater l’inanité des vies humaines consacrées à brasser de l’air, à faire des travaux inutiles, tout en attendant une inéluctable « relâche ».

Isis : – L’Être européen est en rupture de ban. Sa séparation avec la Nature a enclenché chez lui, une profonde difficulté, à être. Dans sa course au matériel, l’avoir étant devenu sa substance, il a perdu tout contact avec ce qui fait son existence au quotidien ; son environnement, sa Nature – Matrice et Mère non seulement de son Être Essentiel mais également de tous les vivants : le sol, le sous-sol, l’eau, l’air, la terre, les animaux, les arbres, les planètes, l’univers, le Cosmos. Il a perdu contact avec ses différentes couches d’humus qui sont : physiques, émotionnelles, psychiques, spirituelles. Étant « hors de lui », il est aveugle et sourd à son existence, à sa mission, à sa vocation, incapable de jouir de la Vie et de toutes les opportunités qu’elle lui offre.

Gabriel : – L’être humain est privé de Vie s’il ne trouve pas sa mission, sa vocation dans celle-ci. Pire, sans cette ressource, sans ce savoir il est incapable de se guérir ou même de chercher à se guérir. Il est comme prisonnier de lui-même, impuissant.

Pourtant, les peuples racines, aborigènes d’Australie, d’Amazonie ainsi que de nombreuses cultures demandent à leurs jeunes d’aller dans la Nature à la recherche de réponses profondes à la question de leur existence sur Terre.

Isis : – Les peuples racines qu’ils soient d’Amériques, d’Asie ou encore d’Afrique ont pour démarche initiatique d’immerger leurs jeunes au cœur de la Nature, au sein des Forêts qui sont pour eux sacrées. Une immersion nécessaire à leur évolution et qui leur permettra de trouver les réponses à leur quête existentielle.

Gabriel : – Force est de constater que sans ce savoir, les occidentaux que nous sommes resteront des adolescents glacés, ayant même oubliés leurs questionnements intimes.

Isis : – Grâce à ce genre d’événements, dans une démarche participative, d’échanges, Méditation Naturelle œuvre à reconnecter l’Être à sa Nature Profonde.

S’accorder « un temps », en toute honnêteté, pour aller à la découverte d’alternatives possibles . et pour un voyage d’exploration intérieure.

Gabriel : – Ici on ne leur vent pas du « paradisme », un monde édulcoré où ils vont pouvoir enterrer leur tristesse mais un monde où l’on étudie les alternatives et ou l’on regarde en Soi.

La Permaculture Holistique et les Écovillages sont là pour ça.

Atelier conférence au Forum104, Paris, le 7 Novembre 2017

Différencier sans rejeter

Dessin de Patrick, accueilli à l’Arche de Jean Vanier.

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Ici, à l’Arche, ce sont d’abord les sourires qui frappent. Ou plutôt qui caressent. 
Ceux des personnes accueillies et ceux des assistants s’entremêlent. 
C’est par ces sourires partagés que j’ai senti qu’il y a communauté. 
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Jean Vanier, Fondateur de l’Arche, écrit dans La Communauté, Lieu du Pardon et de la Fête :
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« On entre dans une communauté pour être heureux. On y reste pour rendre les autres heureux. »
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Tenir le verre d’eau, mixer la nourriture de son voisin de table nous fait prendre conscience que celui-ci existe, à côté de nous. Cela nous oblige à nous décentrer, à tourner le regard à gauche, à droite, à ne plus manger le nez rivé dans son assiette et les yeux en direction de la fenêtre. D’ailleurs, dès le début du repas, nous sentons sa présence : c’est main dans la main qu’il commence par un chant « Un ami à droite, un ami à gauche, à tous bon appétit ! ». 
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Pour beaucoup, la venue à l’Arche questionne sa propre relation au handicap. « Nous sommes tous des handicapés » est la réflexion que les assistants se font souvent au début de leur passage. Pour moi qui suis reconnue en tant que « travailleur handicapé » ce fut différent. Ma brève expérience dans le monde du travail m’a fait prendre conscience que la valeur d’une personne est fonction de son utilité donc de sa capacité à travailler. Ici, que signifie qu’être utile ? Est utile celui qui tient l’assiette de son voisin ? Celui qui lui sert le repas ?
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Et celui dont l’assiette est tenue ou le repas servi n’est-il par conséquent pas utile ?
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Je trouve le projet de l’Arche merveilleux. Ici, tout est fait pour que ces personnes aient une vie « normale ». Repas, sorties, chants, courses, activités manuelles, équitation, piscine …
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Mais je me suis demandée si ce ne sont pas ces personnes qui nous donnent une vie « normale ». Car qu’est-ce que cette vie « normale » si elle détourne son regard devant des formes de vie, si elle ne les intègre pas ? Pour moi, il s’est passé une inversion du paradigme. Ce sont ces personnes accueillies qui nous offrent la chance d’une vie pleine, entière, totale et non d’une vie qui discrimine. J’écris « discriminer » et je pense qu’à l’origine ce mot signifie simplement « différencier en fonction de certains critères ». Mais son acception dans le langage courant est négative : discriminer signifie alors rejeter.
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Ne sommes-nous pas capables de différencier sans rejeter ?
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Lorsque j’ai reçu mon statut de travailleur handicapé, j’étais heureuse. Heureuse de savoir qu’il y avait des choses mises en place pour que je puisse trouver une place dans la société. Cependant, ce fut tout autre : mes aménagements de poste ont été accueillis comme des « privilèges » par mon supérieur hiérarchique.
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Ici qui s’indignerait de l’aménagement de l’espace et du temps ? Personne. 
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Certains travaillent en ESAT. Ils s’y épanouissent. Mais encore une fois ces structures paradoxales nous montrent notre incapacité à intégrer.
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On intègre tout en mettant de côté. On intègre en marginalisant. 
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En moi deux sentiments coexistent.
Je suis touchée par ce lieu et ces personnes – assistants et personnes accueillies (ou accueillantes ! ) – que je trouve magnifiques.
Mais je suis triste de me rendre compte que nous ne sommes pas capables d’intégrer ces espaces dans la société. 
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Ou alors pas encore.

Maison à l’Arche de Cuise.

Dimanche 22 Octobre 2017, 11:57, Cuise-La-Motte, Arche de Jean Vanier

Un lieu pour les accueillir

L’Arche de Cuise, un espace vivant. Chants d’oiseaux, fleurs et jardins rythment la vie quotidienne en communauté.

Tous ceux qui sont déclarés inaptes pour vivre en « société ».
Ceux qui sont invalides, handicapés, inadaptés au travail à la chaîne et à la logique du rendement.

À tout bien regarder, de plus en plus nombreux nous le sommes, dans cette aberration forcenée du capitalisme néolibéral psychotique.
Tout juste je dirais, il y a des handicaps visibles et des handicaps invisibles.

À l’Arche de Jean Vanier, ce que nous apprenons en tant que bénévoles, c’est d’abord que « nous sommes tous des handicapés ».

Certains plus que d’autres, ou du moins, de façon plus visible.

Pour certains c’est la communication, le langage qui fait défaut, pour d’autres c’est l’égo qui prend trop de place.

Rien ni personne n’est à l’abri d’une prise de conscience.

S’y confronter – aux rythmes et aux abus de l’égo – c’est déjà faire le premier pas, et je dois dire que la vie auprès de personnes diminuées m’a appris à ralentir dans une période où je dois sans cesse accélérer pour monter des projets.

Ralentir, parce que pour certains faire 10m en marchant c’est déjà un voyage et une réussite conséquente.

Arrêter de vouloir avoir raison car pour certains, en cas de conflit, c’est la crise d’épilepsie.
Pas le choix il faut avancer.
Je pense qu’ils sont là pour ça.
Ceux qui ne peuvent s’exprimer comme nous.
Ceux qui ne peuvent se mouvoir qu’avec peine.
Ceux qui sont mis au placard.
Ceux que les gens « normaux » oblitèrent parce qu’ils ne savent pas quoi faire.

Sortir de l’indifférence c’est entrer dans la Vie.


L’identité et la mission de l’Arche, autour du monde.
Écrit à Cuise-La-Motte, Arche de Jean Vanier

Un nouveau départ

Le Ballon des Vosges au début de l’Automne – à la recherche d’un nouveau lieu – [photo crédit : Camille Chemin]

Si parfois la route est dure avant de voir fleurir son rêve, et que quitter un lieu où l’on a espéré, sué, partagé plus que des mots avec les autres, et même créé un jardin, il faut cependant se relever et repartir…

Le jardin en Août. Permaculture, récupération, coopération en synergie.

La serre, recyclage d’une ancienne piscine abritée, puis de bric et de broc soigneusement arrangée.

Après l’organisation du premier stage de Permaculture Holistique, alliance du savoir de la Permaculture et des Écovillages, un projet d’Université du Vivant a fleuri.

Son but : mettre en œuvre l’écologie par un apprentissage dynamique au sein d’une communauté durant un temps indéfini (de quelques jours à plusieurs années).

Apprentissage permanent, communauté support d’un apprentissage dynamique.

Nous sommes désormais un groupe de 6, recherchant des terres, un lieu pour bâtir ce projet hors du temps, hors de l’ego.

Affiche du premier stage de Permaculture Holistique, qui s’est tenu du 9 au 19 Août dernier.

Dessin représentant l’Université du Vivant (Camille Chemin).

Il y a deux manières de traiter une réalité pour en transmettre un message : le mythe et le simplisme.

La première a l’avantage de réduire en temps par la formule du poème, des aphorismes ou des métaphores une réalité trop complexe à traiter dans un temps donné.

La seconde respecte le temps mais a l’inconvénient de se dédouaner de ses responsabilités et de se permettre de se vautrer dans les jugements sans retour.

La troisième, l’exhaustivité, est impossible. Celle-ci mettrait en danger la transmission en elle-même (pas de temps, pas d’espace) – à moins bien-sûr qu’un devoir nous y pousse, toujours est-il que cela reste un idéal.

J’ai donc choisi la première formule et ai quitté le Val de Consolation pour cause d’impossibilité d’y intégrer l’Université du Vivant. Celle-ci est donc en recherche d’un lieu, de plusieurs lieux ou d’un territoire où s’y poser.

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Si… Tu seras un homme, mon fils

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.

      • poème de Rudyard Kipling, traduit par André Maurois

Artricle écrit à Magny d’Anigon

Forum des Écovillages

Forum des écovillages de France, au Forum 104, à Paris, un événement cosmique

Un moment incroyable et bien plus imprévu que ce à quoi je m’attendais !
Si l’on m’avait dit qu’un jour j’organiserais ça…
Une dynamique permaculture – écovillage, un sketch, puis des exercices de dynamique de groupe, un forum où tout le monde a pu se soutenir et échanger en profondeur…
Sans compter la venue d’Isis Noor qui a ajouté une dimension spirituelle et une réflexion de fond sur l’Afrique…
…Et qu’en plus cela se terminerait par des câlins et une cérémonie de clôture inoubliable ! J’aurais dit non jamais ! Et pourtant la réalité dépasse largement le rêve !!!
Gratitude, gratitude, gratitude…

Isis Noor : Cofondatrice de la Fédération Agro Ecologique de Bénin (FAEB) au coté de la famille Jah et le Pierre Rabhi.
Co-fondatrice de l’association Duniamâ, elle organise une rencontre d’agro-écologie et différentes formations en Casamance.
Isis a une démarche spirituelle par une reconection à la nature, et honorer le féminin sacrée.
Elle s’investit pour la souvraineté alimentaire, au Togo, au Bénin, au Sénégal, en Martinique.
En Casamance elle accompagne le projet de jardins de femmes à Colomba qui rassemble 60 femmes du village pour transformer des jardins agro-chimiques en jardins de permaculture.

 Écrit à Paris.