De l’Agriculteur au Permaculteur

Nous avons voulu trop savoir alors nous avons oublié…

S’il est une réalité dont il faut parler, c’est bien du déni de notre civilisation vis-à-vis de sa matrice la Terre. Les agriculteurs en sont un exemple flagrant. Leur réalité est dure : souvent très mal payés pour un travail sans relâche.

C’est bien pour ça que j’ai quitté la profession pour devenir Permaculteur.
Et j’ai décidé, malgré 4 jardins quittés en cours, de continuer dans cette voie.

Agriculteur de l’éphémère, surfant sur la prochaine vague de terre qui me serait proposée.

Quittant, au fil des incohérences administratives, des volontés de possession et d’une économie asservie au rendement mes chères créations.
Semant, partout où j’allais, aubergines, tomates, haricots et surprises devant l’ouvrage réalisé, j’ai décidé de ne prendre aucune ornière, pour être libre de tout jugement.
Plus que tout je ne désire ni être trié, classé, scruté, observé, catalogué…
Ce qui fait de moi une espèce changeante, parfois dérangeante et souvent bouleversante.

J’ai décidé de ne plus attendre le prochain jardin.
Mon prochain jardin sera devant moi, dans l’instant présent.
Il est comme un rêve qui doucement se réalise.

Ne marchez pas si vite, si fort, la Vie est douce si l’on sait écouter ses rêves sans rêvasser. Si l’on sait créer sans attendre de bénéfice. Si l’on sait redevenir innocent et simple.

C’est notre travail de chacun, avant de se dire ceci ou cela.

Nous avons oublié :

L’ivresse du jeu.
La tendresse des amis.
Le bleu du ciel, allongé dans l’herbe.
Le creux d’une après midi quand tout le monde dort.

L’insouciance de la poésie des relations quant il n’y a pas de pression.
La vertu de l’errance, des divagations, des digressions.

Dès lors nous sommes comme asservies par elles, ces dernières copulent dans la sévérité ambiante, pour devenir une maladie anti-sociale adultère.

Il est temps.

Redevenons des enfants.

ça valait le coup : réaliser son écoprojet

le Jura sous les eaux, il y a deux semaines pour notre emménagement

Ça valait le coup, toutes ces erreurs.

Tout ces chemins avortés, ces projets qui se sont cassés en cours de route.
Avec certains nous avons dû nous séparer, avec d’autres nous recroiser.

Puis nous avons appris à rêver – pas à rêver dans le vague – mais à rêver avec certitude, avec intuition, authenticité et détermination.
Puis les événements se sont mis en place, subtilement d’abord – lire le moment présent est une chose qui s’apprend – puis de façon magique et évidente par la suite.

C’est sûr, trouver son style et attirer à soi les bonnes personnes est un travail de longue halène ; on ne nous apprend pas à trouver notre place dans le Monde à l’école.

Si vous voulez vous économiser du temps, travaillez sur vous, vos relations, les symboles, les émotions car c’est d’eux que naissent les possibilités : Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde ! (Gandhi).

Bienvenue à ceux qui veulent nous rejoindre, dans le Jura pour cocréer notre écovillage : ecovillage-st-exupery@tutanota.com

Pour inspiration – ouverture vers plus de tolérance, que l’on croie ou pas aux vies antérieures ou à la psychogénéalogie et aux guides – des parcelles d’intuition, d’intelligence se dévoilent.

Un arbre magnifique

Promenade au clair de Lune.

 

 

Silhouette –
mon coeur endormi
peinait à respirer.

J’ai senti cependant
la brise marine
qui m’a élevée.

J’ai renoué mes chaussures
– défaites de peur de marcher –
et j’ai vagabondé, dehors.

Dehors, j’ai vu des hirondelles,
des paons, des renards,
et même un écureuil.

J’ai observé la lune
qui tenait compagnie
au soleil couchant.

Le vent sur mes paupières
était un appel
au mouvement.

De mon coeur est
soudain né comme déjà enraciné
un arbre magnifique.

J’ai serré très doucement,
pour ne pas l’abîmer,
cet être végétal

– que j’avais enfanté.

Ce que n’est pas un Écovillage…

Enseignement artistique dans la Nature à Taméra

Un Écovillage n’est pas…

un lieu où l’on vit chacun chez soi, un peu comme dans le monde conventionnel mais avec un label « bio… »

un lieu où l’on vit à l’abri des conflits et des émotions

un lieu où l’on va pouvoir ne plus avoir de contact avec le monde extérieur…

… car il ne s’agit pas de fuir la Vie, mais bien de la retrouver

Un Écovillage c’est :

un lieu où l’on va pouvoir se ressourcer

un lieu où l’on invente de nouvelles façons de faire avec le monde libéral dans lequel on est

un espace des possibles, mais pas un espace de tous les possibles

un lieu pour vivre au cœur du monde, au cœur de la Vie

…et où l’on va chercher des solutions, car ce qui se résout au sein d’un groupe dont les relations sont fortes est souvent résolut pour une plus grande population

Tout comme la loi de l’attraction le stipule, ce que l’on change en soi, nous le changeons pour les autres.

Belle année 2018 !

Tamera Heling Biotope, Portugal

Écrit dans le Jura, à Asnans-Beauvoisin

Cheminer vers l’utopie, sortir du paradisme

L’hiver, moment propice au changement intérieur.

Promouvoir l’utopie ou véhiculer l’idéalisme est un métier dangereux…

Une certaine image de perfection colle à la peau du ou des leaders qui mènent leurs écolieux, écovillages ou lieux alternatifs.

Si certains y échappent, par la démagogie et parce qu’ils brossent leur public dans le sens du poil, en revanche ceux qui aident à développer les capacités et les potentiels se frottent à un mur de déni bien commun.

Peu sont les personnes qui acceptent de cheminer vers leur idéal, ils leur faut tout, tout de suite et parfait : on se rend bien compte qu’ils confondent idéal et « paradisme ».

Le paradisme est alors le mythe du jardin d’Éden revenu à la vie, ou bien un flirt psychédélique – chacun voudrait rêver l’alternative sans ses ombres.

L’alternative devrait être inhumaine, c’est à dire parfaite ou angélique et finalement hors du quotidien et du réel si possible.

Sortons de nos croyances, les bonnes personnes sont certainement là, à rêver que quelqu’un se montre et aie l’audace de démarrer quelque chose…

C’est pourquoi, que l’on soit à Auroville, en Inde, avec 3000 « alternatifs », ou bien dans un quelconque Écovillage : le problème reste le même.

La masse critique de personnes semble la même que l’on soit aux États-Unis, en Allemagne ou bien en France.

On retrouve un noyau dur de personnes qui s’investissent dans le changement sociétal et écologique, celles qui tournent autour et celles qui font de la sape, ne croient pas au projet, le refusent.

Il serait donc facile de penser en tant que leader ou initiateur de projet alternatif écologique de se dire qu’il est plus facile ici ou là de monter un collectif, de démarrer un Écovillage ou un potager partagé, mais il n’en est rien. Les mêmes forces sont à l’œuvre.

Le modèle d’Atkisson de l’Amibe du changement dévoile une constellation fixe, une formation sociale intéressante pour penser un projet collectif (tout projet est collectif, quel que soit le lieu, ou la manière de le faire – car nous devons faire avec l’autre quoi qu’il en soit).

Ainsi, on dénote un certain « ordre » naturel des sociétés et des réactions face au changement.

Voici l’excellent site de Carl Boileau sur un jeu de rôle imaginé pour illustrer la théorie de l’amibe du changement.

Si donc parler d’utopie c’est dangereux, c’est surtout parce que cela vient toucher au système de croyances de celui qui la reçoit : « cela n’est pas possible parce que… », « vous avez tort parce que cela… » – vous connaissez la fameuse expression de Coluche « C’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison ! » – peu sont ceux qui se débranchent de la matrice des conventions sociales.

Poursuivez votre rêve : « D’abord ils vous ignorent, ensuite ils se moquent de vous, après ils vous combattent, et puis vous gagnez ». Phrase attribuée à Gandhi par erreur puisqu’elle est du syndicaliste américain Nicholas Klein, mais peu importe, elle illustre le combat des agents du changement.

Meilleurs vœux 2018.

Amibe du changement sociétal

 

Une belle vidéo (en anglais) sur les applications du développement soutenable.

Écrit à Magny d’Anigon

Givre : se relever après la chute

Forêt d’Eberswalde, proche de Berlin

Tellement de recherches, d’espoirs déchus

Parfois il est tentant d’abandonner devant les réponses imprécises

Et l’investissement dans un projet

Mais… le refus répété d’une condition est aussi un gage de réussite

Une persistance dans la résistance au conformisme et au trou de souris

Dans lequel, les dits conformistes voudraient bien nous voir fourrés.

Persister, insister, s’appliquer à recommencer incessamment, jusqu’à ce que le Monde comprenne

Que l’on est déterminé à exister

Et que l’on sait ce qu’on veut.

Flocons de neige (images Hélène Règner)

Entrelacées les flocons,
Les pensées sont en veille.

Notre recherche d’une Maison,
Quête inassouvie sans sommeil.

Pantoufles de neige
Nature beige
Prêts toujours, pour un nouveau départ.

Encore.

Exilés de la normalité
En quête d’une île.

Intelligence
Partage
Amour

  • Poème écrit le 4 Novembre 2017, magny d’Anigon

Champ d’une AMAP, dans le Val-de-Marne

 

Une Cabane dans la Forêt

Reinold Gober

Le 7 et 10 Novembre dernier, l’Association Méditation Naturelle a organisé une rencontre des Écovillages et de la permaculture, à Paris au Forum104 et en Ariège à Foix.

Le but de ces événements était de réunir non des idéalistes et des rêveurs pour bâtir un futur utopique, mais des pragmatiques, des personnes prêtes à se regarder de l’intérieur avant de blâmer et de poser la faute sur autrui.

En effet, l’un des slogans du G.E.N. (Global Ecovillage Network, Réseau International des écovillages) est issu de la fameuse phrase de Gandhi : « soyez le changement que vous voulez voir dans le Monde ».

Après un périple de 3 ans au sein d’une trentaine d’écovillages, des formations multiples en développement personnel et différentes méditations, ainsi qu’une formation longue à la médiation relationnelle et un passif en agriculture biologique, c’est tout naturellement que j’ai créé l’association Méditation Naturelle pour porter le projet ambitieux de changer le monde en se changeant soi.
Le public est venu nombreux, prendre des informations sur les réseaux existants, et avoir des points de repères sur la manière de développer un Écovillage, une Écocommunauté.
Ce qui m’a poussé et me pousse toujours à divulguer des informations dans ce domaine si riche et complexe soit-il, c’est le syndrome de « la Cabane dans la forêt ».

Je m’explique.

Lorsque j’étais plus jeune, je rêvais d’un lieu où je serai en paix et où je pourrai faire ce qui me plaît en permanence. Mais j’étais dépressif, mal dans ma peau et j’avais tendance à me le cacher avec des rêves idéalisés de vie sauvage. C’est ce que j’appelle le syndrome de la cabane dans la forêt.

Rêver d’une vie idéalisée sans rien faire pour l’atteindre, ou au prix de luttes sans merci avec soi-même ou les autres, c’est un calvaire constant, une punition sans fin.
Lorsque je fis face à ce malaise, il ne me fut plus possible de faire demi-tour : il me fallut avancer sur la voie du développement de Soi.

Gabriel : – Aujourd’hui, dans nos pays « sur-développés » matériellement il est tragique de constater l’inanité des vies humaines consacrées à brasser de l’air, à faire des travaux inutiles, tout en attendant une inéluctable « relâche ».

Isis : – L’Être européen est en rupture de ban. Sa séparation avec la Nature a enclenché chez lui, une profonde difficulté, à être. Dans sa course au matériel, l’avoir étant devenu sa substance, il a perdu tout contact avec ce qui fait son existence au quotidien ; son environnement, sa Nature – Matrice et Mère non seulement de son Être Essentiel mais également de tous les vivants : le sol, le sous-sol, l’eau, l’air, la terre, les animaux, les arbres, les planètes, l’univers, le Cosmos. Il a perdu contact avec ses différentes couches d’humus qui sont : physiques, émotionnelles, psychiques, spirituelles. Étant « hors de lui », il est aveugle et sourd à son existence, à sa mission, à sa vocation, incapable de jouir de la Vie et de toutes les opportunités qu’elle lui offre.

Gabriel : – L’être humain est privé de Vie s’il ne trouve pas sa mission, sa vocation dans celle-ci. Pire, sans cette ressource, sans ce savoir il est incapable de se guérir ou même de chercher à se guérir. Il est comme prisonnier de lui-même, impuissant.

Pourtant, les peuples racines, aborigènes d’Australie, d’Amazonie ainsi que de nombreuses cultures demandent à leurs jeunes d’aller dans la Nature à la recherche de réponses profondes à la question de leur existence sur Terre.

Isis : – Les peuples racines qu’ils soient d’Amériques, d’Asie ou encore d’Afrique ont pour démarche initiatique d’immerger leurs jeunes au cœur de la Nature, au sein des Forêts qui sont pour eux sacrées. Une immersion nécessaire à leur évolution et qui leur permettra de trouver les réponses à leur quête existentielle.

Gabriel : – Force est de constater que sans ce savoir, les occidentaux que nous sommes resteront des adolescents glacés, ayant même oubliés leurs questionnements intimes.

Isis : – Grâce à ce genre d’événements, dans une démarche participative, d’échanges, Méditation Naturelle œuvre à reconnecter l’Être à sa Nature Profonde.

S’accorder « un temps », en toute honnêteté, pour aller à la découverte d’alternatives possibles . et pour un voyage d’exploration intérieure.

Gabriel : – Ici on ne leur vent pas du « paradisme », un monde édulcoré où ils vont pouvoir enterrer leur tristesse mais un monde où l’on étudie les alternatives et ou l’on regarde en Soi.

La Permaculture Holistique et les Écovillages sont là pour ça.

Atelier conférence au Forum104, Paris, le 7 Novembre 2017

L’écovillage invisible : le sentiment d’être à la Maison

Ivry-sur-Seine

Et si, dispersés ça et là, au sein d’un univers hétéroclite, cosmopolite, vivaient des gens de différentes nationalités, guérisseurs, masseurs, artistes, travailleurs, artisans en tous genres, s’entre-tissant dans un mélange de neuf, de moderne et de vieux, d’ancien ?

C’est un peu ce que j’ai vécu lors de mon court passage à Ivry Sur-Seine.

Souvent, cette question m’a hanté, qu’est-ce qui fait que je me sens « à la Maison » ?

C’est certes un peu moi, un peu les autres et un peu le lieu qui donne ce sentiment.

J’admire au passage l’incroyable diversité, les ouvertures, les moments de gratuité, de partage, de ce maillage complexe qu’est la banlieue.

Et je sens pour une fois cette véritable mixité – passée à toutes les sauces un peu partout dans les médias – en vrai, en chair, sous mes yeux et non sous la forme d’un imaginaire fantasmé, politisé, hypocrite ou de bon aloi.

Tant d’invitations au partage de culture, de poésie vivante au détour d’une rue, de gratuité spontanée.

Souvenirs également, « entendu dire », du passage rapide de la Caravane de Permaculture, favorisé d’une façon fluide, décontractée, grâce au contact d’une amie.

Surprenante architecture

Écrit à Strasbourg

Différencier sans rejeter

Dessin de Patrick, accueilli à l’Arche de Jean Vanier.

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Ici, à l’Arche, ce sont d’abord les sourires qui frappent. Ou plutôt qui caressent. 
Ceux des personnes accueillies et ceux des assistants s’entremêlent. 
C’est par ces sourires partagés que j’ai senti qu’il y a communauté. 
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Jean Vanier, Fondateur de l’Arche, écrit dans La Communauté, Lieu du Pardon et de la Fête :
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« On entre dans une communauté pour être heureux. On y reste pour rendre les autres heureux. »
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Tenir le verre d’eau, mixer la nourriture de son voisin de table nous fait prendre conscience que celui-ci existe, à côté de nous. Cela nous oblige à nous décentrer, à tourner le regard à gauche, à droite, à ne plus manger le nez rivé dans son assiette et les yeux en direction de la fenêtre. D’ailleurs, dès le début du repas, nous sentons sa présence : c’est main dans la main qu’il commence par un chant « Un ami à droite, un ami à gauche, à tous bon appétit ! ». 
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Pour beaucoup, la venue à l’Arche questionne sa propre relation au handicap. « Nous sommes tous des handicapés » est la réflexion que les assistants se font souvent au début de leur passage. Pour moi qui suis reconnue en tant que « travailleur handicapé » ce fut différent. Ma brève expérience dans le monde du travail m’a fait prendre conscience que la valeur d’une personne est fonction de son utilité donc de sa capacité à travailler. Ici, que signifie qu’être utile ? Est utile celui qui tient l’assiette de son voisin ? Celui qui lui sert le repas ?
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Et celui dont l’assiette est tenue ou le repas servi n’est-il par conséquent pas utile ?
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Je trouve le projet de l’Arche merveilleux. Ici, tout est fait pour que ces personnes aient une vie « normale ». Repas, sorties, chants, courses, activités manuelles, équitation, piscine …
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Mais je me suis demandée si ce ne sont pas ces personnes qui nous donnent une vie « normale ». Car qu’est-ce que cette vie « normale » si elle détourne son regard devant des formes de vie, si elle ne les intègre pas ? Pour moi, il s’est passé une inversion du paradigme. Ce sont ces personnes accueillies qui nous offrent la chance d’une vie pleine, entière, totale et non d’une vie qui discrimine. J’écris « discriminer » et je pense qu’à l’origine ce mot signifie simplement « différencier en fonction de certains critères ». Mais son acception dans le langage courant est négative : discriminer signifie alors rejeter.
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Ne sommes-nous pas capables de différencier sans rejeter ?
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Lorsque j’ai reçu mon statut de travailleur handicapé, j’étais heureuse. Heureuse de savoir qu’il y avait des choses mises en place pour que je puisse trouver une place dans la société. Cependant, ce fut tout autre : mes aménagements de poste ont été accueillis comme des « privilèges » par mon supérieur hiérarchique.
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Ici qui s’indignerait de l’aménagement de l’espace et du temps ? Personne. 
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Certains travaillent en ESAT. Ils s’y épanouissent. Mais encore une fois ces structures paradoxales nous montrent notre incapacité à intégrer.
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On intègre tout en mettant de côté. On intègre en marginalisant. 
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En moi deux sentiments coexistent.
Je suis touchée par ce lieu et ces personnes – assistants et personnes accueillies (ou accueillantes ! ) – que je trouve magnifiques.
Mais je suis triste de me rendre compte que nous ne sommes pas capables d’intégrer ces espaces dans la société. 
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Ou alors pas encore.

Maison à l’Arche de Cuise.

Dimanche 22 Octobre 2017, 11:57, Cuise-La-Motte, Arche de Jean Vanier

Un lieu pour les accueillir

L’Arche de Cuise, un espace vivant. Chants d’oiseaux, fleurs et jardins rythment la vie quotidienne en communauté.

Tous ceux qui sont déclarés inaptes pour vivre en « société ».
Ceux qui sont invalides, handicapés, inadaptés au travail à la chaîne et à la logique du rendement.

À tout bien regarder, de plus en plus nombreux nous le sommes, dans cette aberration forcenée du capitalisme néolibéral psychotique.
Tout juste je dirais, il y a des handicaps visibles et des handicaps invisibles.

À l’Arche de Jean Vanier, ce que nous apprenons en tant que bénévoles, c’est d’abord que « nous sommes tous des handicapés ».

Certains plus que d’autres, ou du moins, de façon plus visible.

Pour certains c’est la communication, le langage qui fait défaut, pour d’autres c’est l’égo qui prend trop de place.

Rien ni personne n’est à l’abri d’une prise de conscience.

S’y confronter – aux rythmes et aux abus de l’égo – c’est déjà faire le premier pas, et je dois dire que la vie auprès de personnes diminuées m’a appris à ralentir dans une période où je dois sans cesse accélérer pour monter des projets.

Ralentir, parce que pour certains faire 10m en marchant c’est déjà un voyage et une réussite conséquente.

Arrêter de vouloir avoir raison car pour certains, en cas de conflit, c’est la crise d’épilepsie.
Pas le choix il faut avancer.
Je pense qu’ils sont là pour ça.
Ceux qui ne peuvent s’exprimer comme nous.
Ceux qui ne peuvent se mouvoir qu’avec peine.
Ceux qui sont mis au placard.
Ceux que les gens « normaux » oblitèrent parce qu’ils ne savent pas quoi faire.

Sortir de l’indifférence c’est entrer dans la Vie.


L’identité et la mission de l’Arche, autour du monde.
Écrit à Cuise-La-Motte, Arche de Jean Vanier