Ridicule, dangereux, évident

Le hameau des buis, par Patrick Lazic

Vous connaissez la fameuse phrase attribuée à Gandhi :

« D’abord ils vous ignorent, ensuite ils se moquent de vous, après ils vous combattent et enfin, vous gagnez ».

C’est une phrase que l’on peut entendre lorsque l’on entreprend un changement de société.

Les écovillages en sont bien témoins. Rares sont ceux qui n’ont pas reçus une étiquette « secte » dans ses débuts. Mais rassurez-vous nous sommes dans le pays le plus raciste d’Europe* et la quasi totalité des médecines et des écoles alternatives ont reçu ce sobriquet. Rares sont les alternatives qui n’ont pas vu l’organisme de la « santé mentale » en France les étiqueter ainsi. Des entreprises faisant découvrir les spiritualités du monde, des intervenants en développement personnels et une école ont même vu débarquer la police** !

Rappelez-vous bien ces mots : « Ridicule, dangereux, évident » synthétisant la pensée de Gandhi.

Il se pourrait bien qu’ils vous frôlent, mais ne vous laissez pas impacter par eux. Qui plus est, en France nous avons un état d’esprit frondeur, toujours prompt à râler.

Ne vous faites pas rattraper par le consensus antagoniste (ceux qui sont contre par principe mais ne proposent que peu d’alternatives concrètes) créez votre projet sans vous soucier des râleurs, des destructeurs et des violents.

Après le ridicule : « des foutaises tout ça ! », l’incompréhension : « mais vous ne pouvez pas vous intégrer à la société telle qu’elle est ?! », l’indifférence – silence glacé, le cynisme*** : « ça n’a jamais marché et ça ne marchera jamais », « un truc de bobos tout ça » vous devrez faire face aux menaces, à l’agression : « secte ! », puis un peu plus tard – lorsque votre lieu sera installé, les mêmes reviendront vous voir avec une fleur au bout des lèvres (pour ne pas dire au fusil), gonflés d’enthousiasme : « c’est génial ce que vous faites », « tout le monde devrait faire pareil » voire même – véridique*4 – « c’est tout à fait normal, tout le monde en parle ».

Il y a décidément quelque chose de déstabilisant dans cette attitude du grand public et des journalistes face au changement, quelque chose à mi-chemin entre l’indifférence, le cynisme et la suffisance.

Vous ne pourrez rien y faire, si ce n’est éduquer, rayonner simplement.

Beaucoup d’entre nous sont malheureusement des déportés économiques, tributaires de la montre et du temps qui les esclavagise, ils n’ont que peu de disponibilité de leurs neurones pour s’intéresser aux possibles, aux solutions… jusqu’à ce que cette même montre ne les écrase avec une maladie, un burnout, une dépression ne les force à regarder en face la Vrai Vie, celle qui ne se vend pas, celle qui ne se compromet que pour se suffire à elle-même.

 

*https://www.nikopik.com/2013/10/racisme-dans-le-monde-la-france-figure-dans-le-top-10-des-pays-les-plus-racistes.html
> une autre réflection intéressante à ce sujet : https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/tout-est-politique/tout-est-politique-la-france-est-le-pays-le-plus-genereux-et-le-plus-raciste-du-monde-parce-qu-il-a-invente-l-homme-universel-estime-l-ecrivain-marek-halter_2557091.html
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*** en France on confond le scepticisme avec le cynisme. Pour faire une différenciation, le sceptique ne croit pas à quelque chose mais est prêt à essayer. Le cynisme réfute tout, sans même daigner essayer. Le cynisme a en plus avec lui l’état d’esprit de supériorité, de suffisance et de dédain ainsi que la fermeture à toute proposition.
*4 en témoigne l’expérience des habitants du « Hameau des Buis » en France et de « Los Portales »en Espagne. Taxés d’abord de secte par des journalistes disant vouloir faire un reportage sur leur lieux (détournement du langage et mensonges), d’autres journalistes sont venus 20 ans plus tard en s’exclamant « tout le monde devrait faire ainsi ! ».

 

De l’Agriculteur au Permaculteur

Nous avons voulu trop savoir alors nous avons oublié…

S’il est une réalité dont il faut parler, c’est bien du déni de notre civilisation vis-à-vis de sa matrice la Terre. Les agriculteurs en sont un exemple flagrant. Leur réalité est dure : souvent très mal payés pour un travail sans relâche.

C’est bien pour ça que j’ai quitté la profession pour devenir Permaculteur.
Et j’ai décidé, malgré 4 jardins quittés en cours, de continuer dans cette voie.

Agriculteur de l’éphémère, surfant sur la prochaine vague de terre qui me serait proposée.

Quittant, au fil des incohérences administratives, des volontés de possession et d’une économie asservie au rendement mes chères créations.
Semant, partout où j’allais, aubergines, tomates, haricots et surprises devant l’ouvrage réalisé, j’ai décidé de ne prendre aucune ornière, pour être libre de tout jugement.
Plus que tout je ne désire ni être trié, classé, scruté, observé, catalogué…
Ce qui fait de moi une espèce changeante, parfois dérangeante et souvent bouleversante.

J’ai décidé de ne plus attendre le prochain jardin.
Mon prochain jardin sera devant moi, dans l’instant présent.
Il est comme un rêve qui doucement se réalise.

Ne marchez pas si vite, si fort, la Vie est douce si l’on sait écouter ses rêves sans rêvasser. Si l’on sait créer sans attendre de bénéfice. Si l’on sait redevenir innocent et simple.

C’est notre travail de chacun, avant de se dire ceci ou cela.

Nous avons oublié :

L’ivresse du jeu.
La tendresse des amis.
Le bleu du ciel, allongé dans l’herbe.
Le creux d’une après midi quand tout le monde dort.

L’insouciance de la poésie des relations quant il n’y a pas de pression.
La vertu de l’errance, des divagations, des digressions.

Dès lors nous sommes comme asservies par elles, ces dernières copulent dans la sévérité ambiante, pour devenir une maladie anti-sociale adultère.

Il est temps.

Redevenons des enfants.

ça valait le coup : réaliser son écoprojet

le Jura sous les eaux, il y a deux semaines pour notre emménagement

Ça valait le coup, toutes ces erreurs.

Tout ces chemins avortés, ces projets qui se sont cassés en cours de route.
Avec certains nous avons dû nous séparer, avec d’autres nous recroiser.

Puis nous avons appris à rêver – pas à rêver dans le vague – mais à rêver avec certitude, avec intuition, authenticité et détermination.
Puis les événements se sont mis en place, subtilement d’abord – lire le moment présent est une chose qui s’apprend – puis de façon magique et évidente par la suite.

C’est sûr, trouver son style et attirer à soi les bonnes personnes est un travail de longue halène ; on ne nous apprend pas à trouver notre place dans le Monde à l’école.

Si vous voulez vous économiser du temps, travaillez sur vous, vos relations, les symboles, les émotions car c’est d’eux que naissent les possibilités : Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde ! (Gandhi).

Bienvenue à ceux qui veulent nous rejoindre, dans le Jura pour cocréer notre écovillage : ecovillage-st-exupery@tutanota.com

Pour inspiration – ouverture vers plus de tolérance, que l’on croie ou pas aux vies antérieures ou à la psychogénéalogie et aux guides – des parcelles d’intuition, d’intelligence se dévoilent.

Perd ma culture

Et si nous nous déprogrammions de nos apprentissages, si nous perdions notre culture pour en trouver une autre plus appropriée, plus intègre? Au delà de l’idée d’une « table rase » civilisationnelle c’est plus que jamais de discernement, d’intériorité et d’intégrité écologique dont nous avons besoin.

Sommes-nous capables de penser l’écologie si nous sommes incapables de passer un moment seul?

Est-on capable de penser en remettant en cause ses besoins, ses repères?

J’entends encore une fois la pensée comme ce qui vient à la conscience, pas seulement ce qui est de l’ordre du raisonnement intellectuel. Ainsi la pensée englobe l’ensemble des champs de perception de l’humain : sa respiration, ses émotions, son imagination, son intuition et son intellect.

Ce qui participe à amener à la conscience, est la pensée. La pensée vivante, la pensée vécue, incarnée, insoumise, transcendantale (transgressif c’est déjà pris par la machine à laver de l’art contemporain). La pensée recherche, analyse, méditative, introspective…

Nous sommes bien issu du pays dit « des lumières » à vocation universaliste. Qu’avons-nous fait de cette pensée ? Qu’avons-nous fait de cette faculté de penser ?

Je propose le cadre (et le non-cadre, en ce sens que l’un respire en faveur de l’autre) de la permaculture pour penser une civilisation.

Du discernement plus que jamais.

*expression de Jean-Luc Daneyrolles, agriculteur grainetier dans le Lubéron, Le Potager d’un Curieux

* Vertu : Disposition spirituelle à agir avec persévérance en accord avec la loi divine. – Le Larousse

Je Pense donc je suis (verbe suivre)

Le gazage des taupes pour avoir une belle pelouse verte

Savez-vous qu’étymologiquement, en anglais, penser signifie venir à la conscience?

Dans notre monde-machine occidental, penser signifie panser, protéger ses plaies d’un morceau de sparadrap.

Dès lors que l’on est creux et vidé de sa substance, s’agitant à l’extérieur en nourrissant à l’infini ses fantasmes il n’est pas d’autre forme de pensée que celle que l’on nous impose : c’est la pensée désincarnée, la pensée de soumission.

Lors de la résistance française nombreux étaient ceux qui collaboraient au régime fasciste, n’ayant d’autre loi que celle imposée.

Peu étaient ceux qui restaient eux-mêmes et honoraient une éthique.

Lors de la résistance on appelait cela « l’entraînement mental » pour pouvoir être capable de résister aux pensées divergentes, désincarnées ou issues de la peur.

Aujourd’hui c’est la même chose mais d’une manière globalisée : c’est bien de la disparition des espèces, des êtres originaux, de la planète entière qui est menacée par cette psychose ambiante, déni de réalité et refus d’action vraie.

Il s’agit dès maintenant d’en venir à cette pensée incarnée pour agir et couper le cordon qui nous ségrègue dans les villes.

Et recouvrir sa part d’humanité.

L’Être, sa structure et l’expression de ses émotions en Europe. Gabriel Lechemin

Qu’est-ce qu’une communauté ?

La Ferme de l’Olive, projet collectif démarré dans les Alpes-Maritimes il y a 4 ans…

C’est un ensemble de personnes qui se réunissent pour partager leurs rêves et leurs aspirations tout en s’entraidant, se supportant les uns les autres à trouver leur place dans le monde.

À la différence du collectif, une communauté commence dans le domaine de l’intimité et de la proximité entre les personnes. Tout est discuté, tout est objet de dialogue, c’est du moins ce qu’il en est si l’objet de la communauté s’occupe des relations interpersonnelles. Si moins d’intimité est sollicitée alors le plus gros du travail d’une communauté consistera au travail collectif d’une vision commune – ou « religion vivante » (religion, étymologiquement du latin religare, relier).

Lors du démarrage de tout projet collectif, associatif, il est important de penser cet aspect « communauté » – au sens de communion, de réunion, d’interdépendance, de « reliance » – tout en sachant qu’une communauté n’est pas forcément communautaire.

Elle le devient si et seulement si, une confusion a lieu entre l’aspect collectif et l’aspect communautaire, d’où l’importance de traiter ce sujet avec délicatesse et discernement.

L’odeur de la terre, des plantes, la vie en immersion dans la nature 1 an durant, m’auront donné ce goût de construire quelque chose ensemble, pour construire ce rêve d’un monde plus harmonieux, régulé, vivant.

C’est désormais pourquoi je souhaite créer une communauté vivante de personnes soudées au sein d’une nature puissante.

La vue depuis le chemin serpentant sur les crêtes de la vallée de l’Estéron…