Sortir du bien-être pour Pacifier nos relations.

Le mot est fort j’en conviens. Ce qui nous divise c’est le bien-être d’un seul. Tout le monde est libre de chercher son bien-être, son bonheur disent les droit de l’Homme. Certes, au détriment d’autrui, car tant que la recherche ne sera pas celle de l’harmonie en général, nous tendrons chacun de notre côté à juger, donc à diviser pour régner sur son petit îlot de bonheur, son pré carré d’air pur.

Or cet air pur vient à manquer. Qui trinque ? Notre belle planète, sur laquelle nous posons nos pas chaque matin grâce à laquelle nous avons le privilège de ressentir la gravité, de ressentir par nos sens sa Réalité.

Une réalité qui tend à disparaître dans l’égoïsme des relations tronquées de la virtualité.
J’ai fui cette virtualité là. J’ai retrouvé la Nature et ma Nature.
Le combat fût rude, sans me ménager, j’ai recherché ma place juste en chaque instant et j’ai appris à discerner plutôt que juger.

La différence est notable :
je juge = ceci est bien, ceci est mal = j’ai raison (donc tu as tort)
je discerne = ceci me convient, ceci ne me convient pas = c’est ma vérité (je dis ce que je suis)

C’est quand même beaucoup plus sympa non ?
Et plus instructif 😉

De la Méditation au chamanisme et du chamanisme à la science

La salle de méditation d’Amalurra, construite par les habitants de la communauté

Au détour de Bilbao, au sein d’une vallée du Pays Basque, j’étais venu là pour un séminaire d’économie du don et de sociocratie, j’y découvris une manière originale de faire société : entre chamanisme mexicain* et espaces de méditation, de retraite libre.

Car la méditation est bien le premier ressort d’une société. Se trouver en soi est la tâche primordiale, et les communautés ne peuvent faire avec l’hypocrisie, ça n’est tout simplement pas possible, ça serait trop menaçant et dangereux. Les grands ensembles, eux, se passent de l’honnêteté et de la sincérité que toute société devrait charrier.

La tâche du chaman est de faire médiation entre l’Homme et la Nature, entre le visible et l’invisible.

Seules les sociétés « rationnelles » ont détruites ce contact à la Nature, elles doivent parfois avoir recours à celles qui ont su garder et perpétuer ce savoir.

« … Il me dit de m’asseoir, seul, et de laisser mes pensées, souvenirs et idées venir librement à moi. Il me recommanda de faire un effort pour laisser une voix venue des profondeurs me parler et me dire ce que je devais sélectionner.

Bien qu’il semblait à l’époque que don Juan m’avait donné cette instruction sur l’impulsion du moment, à mesure que le temps passait, il m’a révélé que la collecte d’une telle collection est une tâche traditionnelle donnée par les chamans de sa lignée à leurs apprentis. Don Juan dit qu’on l’a appelé une collection ou un album, car c’était comme un album de photos fait à propos des souvenirs des événements ayant eu une signification profonde dans la vie du chaman, les événements qui ont changé les choses pour lui, qui ont illuminé son chemin. »

    • Carlos Castanéda, Le voyage définitif

*originellement appelé « sorcellerie » dans ces régions, sans la connotation péjorative, qui a valu à l’Europe de détruire ses racines au cours des siècles via ce que l’on appelait les « hérétiques », les « païens », les « sorciers et sorcières »

La salle de méditation au milieu de l’écrin de verdure de l’hôtel

Écrit à Paris

Auroville

Le « Matrimandir », l’oratoire de la Mère, construction sacrée représentant la conscience divine s’incarnant sur Terre.

Pas d’idées profondes sans forêt. Pas d’écologie sans beauté authentique.

Elles sont la racine de la culture.

Tout au moins, pas de paix sans la présence de cette beauté originelle qui nous relie au vivant.

Sans ce sentiment d’urgence de recréer de la beauté, qu’elle soit forêt ou bien temple, il n’y a pas d’écologie possible.

La « lutte écologique » n’ est donc pas la préservation de valeurs et d’éthiques mais bien la collaboration à un monde reconnecté.

En dépassant cette écologie de surface on touche un espace infini de valeurs et d’éthiques liés ensemble par un sentiment d’appartenance et d’expansion de conscience.

Il n’est plus, dès lors, question d’un « désir d’écologie » mais bien d’une puissance, d’une énergie enracinant l’esprit dans la matière.

Il n’est pas de travail efficace de l’esprit, il n’est pas d’enracinement mental efficient sans un travail profond de la matière : le corps, le temple de notre incarnation. Nos activités physiques ne sont donc pas liées à une trivialité ou réduits à des besoins primaires mais bien liés à des moments de transformation uniques.

La forêt ethnobotanique de Pitchandikulam, dans la ceinture verte d’Auroville, avec sa pépinière de plants.

Écrit à Pitchandikulam Forest

Damanhur

Damanhur, en Italie, fédération de communautés (on compte 600 âmes liées à ce lieu) réparties en petites unités de vie, dites « nucléus » allant de 12 à 22 personnes, est le plus gros rassemblement de personnes liés à une communauté en Europe.

Moi et mon amie avons visité Damanhur ainsi que la vallée magique Valchiusella au nord de Turin.
Extraordinaire, un temple creusé sous la roche de plusieurs kilomètres de galeries, de dédales sculptés de statues, ornés de vitraux plus beaux les uns que les autres… honorant les diverses religions du monde: de l’animisme à l’hindouisme en passant par l’art celte et africain.
Des globes aux substances alchimiques, des salles où l’harmonique a été entièrement travaillée pour se réverbérer sur certaines parois en fonction des paroles prononcées, des fresques dépeignant l’histoire de l’humanité et des portes dérobées se succèdent, des énigmes, des peintures magnifiques et un ressenti pour ma part très fort m’amenant à des réponses très concrètes sur mes questionnements.

Et au sortir un grand sentiment de plénitude: oui l’humanité est capable de ça, oui elle peut encore incarner le divin sur Terre, oui il y a de l’espoir !

j’ai décidé de travailler désormais ce sentiment d’ »être à la maison » qui m’a accompagné le reste de la journée de la visite.

Si ce sentiment m’a traversé, alors il est possible de le recréer, de partir de sa réalité pour l’intégrer progressivement.

Les abords du temple, et ses lieux sacrés

Un « Nucléus » et la vallée de Valchuisella

Un autre « Nucléus » et un des nombreux dédales du labyrinthe sous terre

Autres détails du temple, copyright photos: http://www.thetemples.org/

La civilisation, un projet

Le permafest de 2016, organisé par l’asso BrinDePaille, une réussite!

Notre monde moderne réfute toute possibilité de vivre naturellement. Il est détestable car il est enfermé dans la tête (teste).

Il n’y a pas d’avenir possible à un tel monde, à moins d’en créer un autre, sortant des apprentissages conscients et inconscients, les formatages, les interdits, les dogmes, les lois.

Sortir de la tête c’est sortir de ce monde. C’est vivre. La vie n’est pas possible à l’intérieur. À moins de consentir à renier sa vitalité pour des panacées et un confort qui viendrait combler des névroses.

Nous avons suffisamment de confort au sein de notre « société », suffisamment de façons d’éviter la vie, le vivant en soi par la compensation extérieure (les biens et services compensatoires, la vie par procuration) qu’aucune vie n’est possible dans les villes – sinon absurde ou menacée.

Pourquoi de si nombreuses personnes se rassemblent-elles en leur sein, si ce n’est pour se donner l’illusion de vivre en société?

Pourtant, elles ont peine à se connaître les unes les autres.

Il n’y a pas de solitude plus totale et de mensonge plus béant.

Gagnez la nature, la forêt, la campagne, les montagnes, les communautés !

Une vidéo de deux amies passionnées, Eugénie Dumont et Serena Aurora, en anglais, sur la communauté Taméra, au Portugal. Une véritable culture holistique en action!