Permaculture et spiritualité

Permaculture Holistique. Quoi ? La Permaculture C’EST HOLISTIQUE !

Bon. Je vois, alors comment ça se fait qu’à l’heure actuelle c’est à 70 % du jardin ?

On va me dire : mais si on parle de Culture…

Holmgren, Mollison, Fukuoka, la règle des 3. 90% de l’intellectuel… combien d’intuition et de ressenti?

Oui, il y a des bases, certes. Derrière ces pilliers bien rassurants il y a tout de même les aborigènes d’Australie.

Ça rassure les cartésiens : on enlève un mot, on déplace le sens pour le transmettre, on adapte, bref on transforme, on traduit en termes compréhensibles un sens beaucoup plus profond ayant rapport au divin, au sacré, au tout, au chant unifié peu importe comment vous l’appellerez…

On confond au passage laïcité et athéisme religieux.

Qui, au mieux fait psychorigide, et au pire, relativiste et nihiliste.

Mais la Spiritualité ça dérange, ça fait pas sérieux.

C’est du ressenti, c’est du vécu, c’est de la Culture.

On oubliera que Décartes était croyant, et qu’à trop vouloir penser tout comme une machine il s’est laissé mourir dans son lit : à trop vouloir savoir on a oublié.

Tout se passe comme si, tout dialogue devait avoir lieu à la périphérie, pour ne pas déranger les vérités établies.

Je questionne : la Permaculture est-elle une spiritualité ? Faut-il nier son identité au profit d’un dieu athé ?

Soutenir notre projet de stage et de réseau : https://www.helloasso.com/associations/meditation-naturelle/collectes/permaculture-holistique

Une Cabane dans la Forêt

Reinold Gober

Le 7 et 10 Novembre dernier, l’Association Méditation Naturelle a organisé une rencontre des Écovillages et de la permaculture, à Paris au Forum104 et en Ariège à Foix.

Le but de ces événements était de réunir non des idéalistes et des rêveurs pour bâtir un futur utopique, mais des pragmatiques, des personnes prêtes à se regarder de l’intérieur avant de blâmer et de poser la faute sur autrui.

En effet, l’un des slogans du G.E.N. (Global Ecovillage Network, Réseau International des écovillages) est issu de la fameuse phrase de Gandhi : « soyez le changement que vous voulez voir dans le Monde ».

Après un périple de 3 ans au sein d’une trentaine d’écovillages, des formations multiples en développement personnel et différentes méditations, ainsi qu’une formation longue à la médiation relationnelle et un passif en agriculture biologique, c’est tout naturellement que j’ai créé l’association Méditation Naturelle pour porter le projet ambitieux de changer le monde en se changeant soi.
Le public est venu nombreux, prendre des informations sur les réseaux existants, et avoir des points de repères sur la manière de développer un Écovillage, une Écocommunauté.
Ce qui m’a poussé et me pousse toujours à divulguer des informations dans ce domaine si riche et complexe soit-il, c’est le syndrome de « la Cabane dans la forêt ».

Je m’explique.

Lorsque j’étais plus jeune, je rêvais d’un lieu où je serai en paix et où je pourrai faire ce qui me plaît en permanence. Mais j’étais dépressif, mal dans ma peau et j’avais tendance à me le cacher avec des rêves idéalisés de vie sauvage. C’est ce que j’appelle le syndrome de la cabane dans la forêt.

Rêver d’une vie idéalisée sans rien faire pour l’atteindre, ou au prix de luttes sans merci avec soi-même ou les autres, c’est un calvaire constant, une punition sans fin.
Lorsque je fis face à ce malaise, il ne me fut plus possible de faire demi-tour : il me fallut avancer sur la voie du développement de Soi.

Gabriel : – Aujourd’hui, dans nos pays « sur-développés » matériellement il est tragique de constater l’inanité des vies humaines consacrées à brasser de l’air, à faire des travaux inutiles, tout en attendant une inéluctable « relâche ».

Isis : – L’Être européen est en rupture de ban. Sa séparation avec la Nature a enclenché chez lui, une profonde difficulté, à être. Dans sa course au matériel, l’avoir étant devenu sa substance, il a perdu tout contact avec ce qui fait son existence au quotidien ; son environnement, sa Nature – Matrice et Mère non seulement de son Être Essentiel mais également de tous les vivants : le sol, le sous-sol, l’eau, l’air, la terre, les animaux, les arbres, les planètes, l’univers, le Cosmos. Il a perdu contact avec ses différentes couches d’humus qui sont : physiques, émotionnelles, psychiques, spirituelles. Étant « hors de lui », il est aveugle et sourd à son existence, à sa mission, à sa vocation, incapable de jouir de la Vie et de toutes les opportunités qu’elle lui offre.

Gabriel : – L’être humain est privé de Vie s’il ne trouve pas sa mission, sa vocation dans celle-ci. Pire, sans cette ressource, sans ce savoir il est incapable de se guérir ou même de chercher à se guérir. Il est comme prisonnier de lui-même, impuissant.

Pourtant, les peuples racines, aborigènes d’Australie, d’Amazonie ainsi que de nombreuses cultures demandent à leurs jeunes d’aller dans la Nature à la recherche de réponses profondes à la question de leur existence sur Terre.

Isis : – Les peuples racines qu’ils soient d’Amériques, d’Asie ou encore d’Afrique ont pour démarche initiatique d’immerger leurs jeunes au cœur de la Nature, au sein des Forêts qui sont pour eux sacrées. Une immersion nécessaire à leur évolution et qui leur permettra de trouver les réponses à leur quête existentielle.

Gabriel : – Force est de constater que sans ce savoir, les occidentaux que nous sommes resteront des adolescents glacés, ayant même oubliés leurs questionnements intimes.

Isis : – Grâce à ce genre d’événements, dans une démarche participative, d’échanges, Méditation Naturelle œuvre à reconnecter l’Être à sa Nature Profonde.

S’accorder « un temps », en toute honnêteté, pour aller à la découverte d’alternatives possibles . et pour un voyage d’exploration intérieure.

Gabriel : – Ici on ne leur vent pas du « paradisme », un monde édulcoré où ils vont pouvoir enterrer leur tristesse mais un monde où l’on étudie les alternatives et ou l’on regarde en Soi.

La Permaculture Holistique et les Écovillages sont là pour ça.

Atelier conférence au Forum104, Paris, le 7 Novembre 2017

Un nouveau départ

Le Ballon des Vosges au début de l’Automne – à la recherche d’un nouveau lieu – [photo crédit : Camille Chemin]

Si parfois la route est dure avant de voir fleurir son rêve, et que quitter un lieu où l’on a espéré, sué, partagé plus que des mots avec les autres, et même créé un jardin, il faut cependant se relever et repartir…

Le jardin en Août. Permaculture, récupération, coopération en synergie.

La serre, recyclage d’une ancienne piscine abritée, puis de bric et de broc soigneusement arrangée.

Après l’organisation du premier stage de Permaculture Holistique, alliance du savoir de la Permaculture et des Écovillages, un projet d’Université du Vivant a fleuri.

Son but : mettre en œuvre l’écologie par un apprentissage dynamique au sein d’une communauté durant un temps indéfini (de quelques jours à plusieurs années).

Apprentissage permanent, communauté support d’un apprentissage dynamique.

Nous sommes désormais un groupe de 6, recherchant des terres, un lieu pour bâtir ce projet hors du temps, hors de l’ego.

Affiche du premier stage de Permaculture Holistique, qui s’est tenu du 9 au 19 Août dernier.

Dessin représentant l’Université du Vivant (Camille Chemin).

Il y a deux manières de traiter une réalité pour en transmettre un message : le mythe et le simplisme.

La première a l’avantage de réduire en temps par la formule du poème, des aphorismes ou des métaphores une réalité trop complexe à traiter dans un temps donné.

La seconde respecte le temps mais a l’inconvénient de se dédouaner de ses responsabilités et de se permettre de se vautrer dans les jugements sans retour.

La troisième, l’exhaustivité, est impossible. Celle-ci mettrait en danger la transmission en elle-même (pas de temps, pas d’espace) – à moins bien-sûr qu’un devoir nous y pousse, toujours est-il que cela reste un idéal.

J’ai donc choisi la première formule et ai quitté le Val de Consolation pour cause d’impossibilité d’y intégrer l’Université du Vivant. Celle-ci est donc en recherche d’un lieu, de plusieurs lieux ou d’un territoire où s’y poser.

.

Si… Tu seras un homme, mon fils

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.

      • poème de Rudyard Kipling, traduit par André Maurois

Artricle écrit à Magny d’Anigon