« Lorsque la crise écologique fut considérée pour la première fois comme un problème sociopolitique majeur dans le courant des années 1960, une opposition fondamentale dans la façon dont les uns et les autres se rapportent à la nature est apparue au grand jour. D’un côté, se trouvaient ceux pour qui la valeur de la nature est relative aux fins, définies de manière très réductrice, que poursuivent les êtres humains. De l’autre côté, se tenaient ceux qui attribuaient à la nature une valeur propre, une valeur intrinsèque, indépendante des usages que les être humains peuvent en avoir. Ces derniers avaient le sentiment que le fait de couvrir d’asphalte des endroits auxquels ils étaient profondément attachés les affectaient personnellement en détruisant quelque chose en eux. Ils se sentaient intimement liés à cet endroit. »

« Élargissez la sollicitude aux êtres non-humains, approfondissez la sollicitude pour les êtres humains. »

« Nous n’avons pas seulement besoin d’apprendre à penser différemment notre rapport à la nature, mais encore d’apprendre à sentir et à agir différemment. Les changements politiques nécessitent des changements affectifs en nous. Le mouvement de l’écologie profonde trouve son point de départ dans la philosophie de la vie, et plus précisément dans les prémisses fondamentales de nos choix d’action. Ces dernières peuvent être de nature philosophique ou religieuse, mais leur point commun à toutes tient à ce qu’elles sont inspirées par un même respect de la Nature. »

– Arne Naess