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Perte de Sens

 « À l’école, quand on m’a demandé d’écrire ce que je voulais être plus tard, j’ai répondu « heureux ». Ils m’ont dit que je n’avais pas compris la question, je leur ai répondu qu’ils n’avaient pas compris la vie. »

John Lennon

 

Se reposer. Image tirée du site nospensees.fr

Il y a quelques semaines, j’ai rencontré une personne qui a perdu ses sens, à la suite d’un « burn-out ». Sa vue a diminué, son odorat et son ouïe également, elles ne les retrouve que petit à petit et ce depuis plus de 3 ans. 

Je me questionne sur cette perte des sens. Les sens sont ce qui nous relie au monde extérieur, ils sont un lien. Qu’est-ce que cette perte a pu bien signifier ? Un « burn-out » est la conséquence d’un choc et la réponse à ce choc a renvoyé cette personne à son intériorité, comme je l’expliquerai plus loin. 

Mais avant, pour prolonger cette réflexion, j’aimerais vous partager une réflexion de Pierre-Yves Albrecht, pédagogue, philosophe et thérapeute. Je ne peux que faire un lien entre la perte de sens et le besoin ultime de retour à l’intériorité dans une société, où comme il l’explique très bien, en remontant à notre système d’éducation, l’extériorité prime avant-tout : 

« L’éducation est extravertie et ne s’occupe plus que de la dimension « extérieure », surfaciale, de l’individu. Celui-ci surfe désormais sur la pellicule de son être, s’y éloignant de plus en plus, comme soumis à une force centrifuge inéluctable, comme si un électron s’éloignait de plus en plus de son centre. »

Je trouve alors plutôt rassurant que la réponse de cette personne à ce choc fut un retour à Elle-même. Progressivement, cette personne a retrouvé ses sens – entendre ici ses liens – grâce à un questionnement de ses ressentis intérieurs. Elle n’a plus été guidée par ce qu’elle sentait de l’extérieur mais par ce qu’elle ressentait en elle-même.

Ce fut alors tout un nouvel apprentissage pour elle. 

Elle a donc dû (ré)apprendre non seulement à sentir mais aussi à percevoir, à ressentir à partir de son intériorité. Pour retrouver ses sens, sa perception devait partir d’elle-même et non de l’extérieur, faire le trajet inverse. Elle a dû ajuster sa vie en fonction de son ressenti : ce qui était agréable et ce qui était désagréable pour elle, sans se fier aux stimuli extérieurs.

Plus loin dans son livre, Pierre-Yves Albrecht nomme cela la « cardio-gnostique » : la connaissance de Soi qui passe par le coeur. 

Comment ne pas relier la perte des sens à la perte du sens ? Ce qui se jouait en terme d’agréable ou de désagréable était finalement bien plus profond. Il s’agissait non seulement de remettre les sens dans la bonne direction, mais aussi de faire émerger le sens à partir de son intériorité, de son coeur. 

« Car ce qui est recherché par tous en fin de compte c’est du sens. Or celui-ci ne se trouve pas tout confectionné dans les supermarchés ou dans les officines à exutoire de la consommation. Le sens, bribe par bribe, se construit comme une belle histoire, une quête, une épopée chevaleresque. [. . .] Si l’enfant n’est pas éduqué à ce regard pertinent, toujours le sens lui échappera. [. . .] On pointera alors du doigt « la dépression », « le burn-out », les multiples maladies psycho-physiques qui se multiplient en ce siècle. 

« Le monde n’a plus de sens ! » dira-t-on alors. 

En fait, ce n’est plus le maître qui regarde par nos yeux la réalité qui se présente à nous désormais sous un angle exclusivement objectif [extérieur ! ndla], perspective qui ferme la connaissance aux signes intelligents de l’invisible, de ce qui devient progressivement invisible pour nous… le monde du sens relégué aux oubliettes de la fable et du mythe. »

Suivre son chemin. Photo Camille Chemin

Petit à petit, grâce à ce processus de cardio-gnostique, cette personne a retrouvé ses sens : pour pouvoir être en lien avec le monde extérieur, il est important d’abord de retrouver son sens, ce qui fait sens, ce qui est sens – la direction que nous voulons suivre. 

Réponse aux 90% d’échecs

En réponse à la journaliste d’Aeon, qui titrait « la plupart des expériences communautaires sont vouées à une Vie courte, tout comme les Start-ups. Qu’est-ce qui fait la différence entre le succès et l’échec? »

https://aeon.co/essays/like-start-ups-most-intentional-communities-fail-why

De prime abord intéressant dans son accroche, l’article se révèle assez peu creusé, pauvre dans sa description, surtout quant on pense à l’expérience dont la journaliste témoigne…

Je vais m’efforcer cependant de vous préciser des éléments de contexte

« Si les communautés d’aujourd’hui offrent des échappatoires au culte de l’individualiste seulement pour des classes privilégiées bohémiennes, entrepreneurs ou chercheurs spirituels, malgré leur succès matériel certains pourraient bien affirmer qu’elles aient échouées. Si ces expériences collaboratives créent des brèches de sens dans des couches très variées de la population ou pointent du doigt des question centrales de justice sociale et d’économie, l’inégalité reste globalement la même. Peut-être une construction plus usuelle – plus populaire aux États-Unis – serait la « contre-culture » ou « culture alternative » organisée de façon informelle par une grande variété d’individus discrets qui vivent et pensent différemment mais qui se mêlent au « mainstream » (la masse).
Les contre-cultures* ont le potentiel de maintenir une vision et des valeurs bien définies mais utilisent aussi les infrastructures et les avantages de la société de masse. De façons multiples, ces utopies concrètes ne sont rien de plus que des amas, des poches de culture alternative qui s’affichent comme des entités autonomes. »

*Shadow culture en anglais

Je dirais plutôt que la culture alternative, imprécise car elle n’est pas un réseau mais plutôt une amibe culturelle aux interactions difficilement mesurables peut vivre en osmose avec les utopies concrètes. Je pense même qu’une utopie concrète, un écovillage doit vivre de la même façon que celle décrite pour l’individu dans cet article : avec un pied dans chaque culture.

Je ne comprends pas en revanche le côté d' »affiche » de « mise en avant » évoqué par la journaliste. Il y a des individus discrets et d’autres non, des communautés discrètes et d’autres non.

Tout dépend du modèle économique choisi et si la communauté, l’utopie concrète ou l’écovillage dépend de son image pour vendre quelque chose – ce qui est souvent le cas, d’une manière ou d’une autre si l’on veut avoir un pied dans le système globalisé. Quelques ornières culturelles subsistent mais je ne pense pas qu’il ne fasse faire uniquement honneur qu’à une amibe culturelle difficilement identifiable d’acteurs du changement.

L’analyse est donc bien évidemment partielle et partiale. L’auteure, inévitablement vient imprimer son opinion sur des faits non représentatifs de ce que j’ai vu de mon côté.

Je pense au contraire que ces amas de culture alternative son des phares, des repères pour notre futur commun. Sans ces amas, qui rendent ces cultures « autres » identifiables – ils travaillent sans cesse leur vision, leurs valeurs – les nouveaux repères ne pourraient être tracés.

De plus c’est sans compter l’émergence de réseaux et de mouvements fédérant ces communautés intentionnelles qui tissent petit à petit un maillage de changement profond de notre société.

Je ne pense pas non-plus qu’il soit juste de dire que ces communautés soient réservées à des « privilégiés ». Je pense plutôt qu’elles sont des points de rassemblement pour des personnes en quête de sens, qui veulent vivre en cohérence avec leurs valeurs et aspirent à évoluer elles-même. Il faut donc nécessairement une certaine dose de courage pour créer ou rejoindre une communauté intentionnelle, mais aussi de l’humilité pour accepter et trouver sa place au sein d’un collectif.

Pour rejoindre une utopie concrète il faut nécessairement apprendre à s’exprimer en public, à accueillir ses émotions, à évoluer sur le plan individuel, à s’adapter et créer en permanence de nouvelles façons de vivre.

Pour vivre en écovillage, il faut pouvoir vivre au cœur de la Vie.

Lorsque l’on rejoint la foule anonyme, nous pouvons de nouveau nous cacher dans les faux-semblants, les activités chronophages, les images…

Un écovillage n’est donc pas comparable à un réseau informel d’acteurs du changement. Un écovillage est un catalyseur, un point de rencontre et un lieu d’accélération d’évolution individuelle.

En lien, la vidéo Thinkerview sur les Crapauds fous, ces surdoués de l’évolution et du changement qui bousculent les normes, créent des nouveaux tunnels de sens. On y verra une rapide allusion à la Vie en communauté – si naturelle, si nécessaire – de ces individus surdoués.

Il serait encore une fois trop rapide de dire que les écovillages seraient un phénomène artificiel de société. C’est bien plus simple que cela, mais pour le savoir il faut en avoir fait l’expérience.

Sortir du bien-être pour Pacifier nos relations.

Le mot est fort j’en conviens. Ce qui nous divise c’est le bien-être d’un seul. Tout le monde est libre de chercher son bien-être, son bonheur disent les droit de l’Homme. Certes, au détriment d’autrui, car tant que la recherche ne sera pas celle de l’harmonie en général, nous tendrons chacun de notre côté à juger, donc à diviser pour régner sur son petit îlot de bonheur, son pré carré d’air pur.

Or cet air pur vient à manquer. Qui trinque ? Notre belle planète, sur laquelle nous posons nos pas chaque matin grâce à laquelle nous avons le privilège de ressentir la gravité, de ressentir par nos sens sa Réalité.

Une réalité qui tend à disparaître dans l’égoïsme des relations tronquées de la virtualité.
J’ai fui cette virtualité là. J’ai retrouvé la Nature et ma Nature.
Le combat fût rude, sans me ménager, j’ai recherché ma place juste en chaque instant et j’ai appris à discerner plutôt que juger.

La différence est notable :
je juge = ceci est bien, ceci est mal = j’ai raison (donc tu as tort)
je discerne = ceci me convient, ceci ne me convient pas = c’est ma vérité (je dis ce que je suis)

C’est quand même beaucoup plus sympa non ?
Et plus instructif 😉

Un arbre magnifique

Promenade au clair de Lune.

 

 

Silhouette –
mon coeur endormi
peinait à respirer.

J’ai senti cependant
la brise marine
qui m’a élevée.

J’ai renoué mes chaussures
– défaites de peur de marcher –
et j’ai vagabondé, dehors.

Dehors, j’ai vu des hirondelles,
des paons, des renards,
et même un écureuil.

J’ai observé la lune
qui tenait compagnie
au soleil couchant.

Le vent sur mes paupières
était un appel
au mouvement.

De mon coeur est
soudain né comme déjà enraciné
un arbre magnifique.

J’ai serré très doucement,
pour ne pas l’abîmer,
cet être végétal

– que j’avais enfanté.

Une Cabane dans la Forêt

Reinold Gober

Le 7 et 10 Novembre dernier, l’Association Méditation Naturelle a organisé une rencontre des Écovillages et de la permaculture, à Paris au Forum104 et en Ariège à Foix.

Le but de ces événements était de réunir non des idéalistes et des rêveurs pour bâtir un futur utopique, mais des pragmatiques, des personnes prêtes à se regarder de l’intérieur avant de blâmer et de poser la faute sur autrui.

En effet, l’un des slogans du G.E.N. (Global Ecovillage Network, Réseau International des écovillages) est issu de la fameuse phrase de Gandhi : « soyez le changement que vous voulez voir dans le Monde ».

Après un périple de 3 ans au sein d’une trentaine d’écovillages, des formations multiples en développement personnel et différentes méditations, ainsi qu’une formation longue à la médiation relationnelle et un passif en agriculture biologique, c’est tout naturellement que j’ai créé l’association Méditation Naturelle pour porter le projet ambitieux de changer le monde en se changeant soi.
Le public est venu nombreux, prendre des informations sur les réseaux existants, et avoir des points de repères sur la manière de développer un Écovillage, une Écocommunauté.
Ce qui m’a poussé et me pousse toujours à divulguer des informations dans ce domaine si riche et complexe soit-il, c’est le syndrome de « la Cabane dans la forêt ».

Je m’explique.

Lorsque j’étais plus jeune, je rêvais d’un lieu où je serai en paix et où je pourrai faire ce qui me plaît en permanence. Mais j’étais dépressif, mal dans ma peau et j’avais tendance à me le cacher avec des rêves idéalisés de vie sauvage. C’est ce que j’appelle le syndrome de la cabane dans la forêt.

Rêver d’une vie idéalisée sans rien faire pour l’atteindre, ou au prix de luttes sans merci avec soi-même ou les autres, c’est un calvaire constant, une punition sans fin.
Lorsque je fis face à ce malaise, il ne me fut plus possible de faire demi-tour : il me fallut avancer sur la voie du développement de Soi.

Gabriel : – Aujourd’hui, dans nos pays « sur-développés » matériellement il est tragique de constater l’inanité des vies humaines consacrées à brasser de l’air, à faire des travaux inutiles, tout en attendant une inéluctable « relâche ».

Isis : – L’Être européen est en rupture de ban. Sa séparation avec la Nature a enclenché chez lui, une profonde difficulté, à être. Dans sa course au matériel, l’avoir étant devenu sa substance, il a perdu tout contact avec ce qui fait son existence au quotidien ; son environnement, sa Nature – Matrice et Mère non seulement de son Être Essentiel mais également de tous les vivants : le sol, le sous-sol, l’eau, l’air, la terre, les animaux, les arbres, les planètes, l’univers, le Cosmos. Il a perdu contact avec ses différentes couches d’humus qui sont : physiques, émotionnelles, psychiques, spirituelles. Étant « hors de lui », il est aveugle et sourd à son existence, à sa mission, à sa vocation, incapable de jouir de la Vie et de toutes les opportunités qu’elle lui offre.

Gabriel : – L’être humain est privé de Vie s’il ne trouve pas sa mission, sa vocation dans celle-ci. Pire, sans cette ressource, sans ce savoir il est incapable de se guérir ou même de chercher à se guérir. Il est comme prisonnier de lui-même, impuissant.

Pourtant, les peuples racines, aborigènes d’Australie, d’Amazonie ainsi que de nombreuses cultures demandent à leurs jeunes d’aller dans la Nature à la recherche de réponses profondes à la question de leur existence sur Terre.

Isis : – Les peuples racines qu’ils soient d’Amériques, d’Asie ou encore d’Afrique ont pour démarche initiatique d’immerger leurs jeunes au cœur de la Nature, au sein des Forêts qui sont pour eux sacrées. Une immersion nécessaire à leur évolution et qui leur permettra de trouver les réponses à leur quête existentielle.

Gabriel : – Force est de constater que sans ce savoir, les occidentaux que nous sommes resteront des adolescents glacés, ayant même oubliés leurs questionnements intimes.

Isis : – Grâce à ce genre d’événements, dans une démarche participative, d’échanges, Méditation Naturelle œuvre à reconnecter l’Être à sa Nature Profonde.

S’accorder « un temps », en toute honnêteté, pour aller à la découverte d’alternatives possibles . et pour un voyage d’exploration intérieure.

Gabriel : – Ici on ne leur vent pas du « paradisme », un monde édulcoré où ils vont pouvoir enterrer leur tristesse mais un monde où l’on étudie les alternatives et ou l’on regarde en Soi.

La Permaculture Holistique et les Écovillages sont là pour ça.

Atelier conférence au Forum104, Paris, le 7 Novembre 2017

Trouver sa place dans le Monde

Les cascades après la pluie

 Après 3 ans de recherches, de développement humain intensif, méditations en tout genre, introspection, identification des schémas…

J’ai finalement trouvé une place qui me correspond, à la fois en pleine Nature et pas à l’écart du Monde.

Val de Consolation est à la fois un lieu de séminaires, de retraites, de stages de développement humain, connexion à la Nature et un espace d’accueil : auberge, restaurant, boutique, boulangerie…

On y croise tout type de personnes, de la plus anodine, venant faire sa balade du dimanche à la plus intrigante, venant se relier aux énergies naturelles très puissantes sur ce lieu.

250 Ha de site dans une vallée, 150 Ha de Nature préservée, un monastère lié à St-François d’Assise, une grotte préhistorique et plusieurs cascades impressionnantes…

Et dire que cet endroit m’est apparût en rêve, vous ne me croiriez certainement pas… ça n’est pas grave.

Je sais ce que j’y trouve !

Le jardin botanique au levé du jour

 Écrit à Paris.

Conférences et ateliers à Paris

Atelier du 5 Février à la Recyclerie, 18 personnes cheminant à travers leur projets singuliers

Et si nous créions ensemble?

Peut-être qu’avec un peu d’aide, sans vous connaître, il est possible de vous réunir!

C’est l’objectif d’une série d’ateliers sur Paris, ainsi qu’un cycle de conférences sur le thème de la biodiversité, faire ensemble, se connaître soi, vivre autrement.

Si vous aimez ces événements, pensez à soutenir l’association « Méditation Naturelle », qui a pour vocation la création et le soutien d’Écoprojets et de communautés en France.

La carte des projets, à la fin de l’atelier

À propos de la conférence:
Blog de Anjichiban

Écrit à Paris

De la Méditation au chamanisme et du chamanisme à la science

La salle de méditation d’Amalurra, construite par les habitants de la communauté

Au détour de Bilbao, au sein d’une vallée du Pays Basque, j’étais venu là pour un séminaire d’économie du don et de sociocratie, j’y découvris une manière originale de faire société : entre chamanisme mexicain* et espaces de méditation, de retraite libre.

Car la méditation est bien le premier ressort d’une société. Se trouver en soi est la tâche primordiale, et les communautés ne peuvent faire avec l’hypocrisie, ça n’est tout simplement pas possible, ça serait trop menaçant et dangereux. Les grands ensembles, eux, se passent de l’honnêteté et de la sincérité que toute société devrait charrier.

La tâche du chaman est de faire médiation entre l’Homme et la Nature, entre le visible et l’invisible.

Seules les sociétés « rationnelles » ont détruites ce contact à la Nature, elles doivent parfois avoir recours à celles qui ont su garder et perpétuer ce savoir.

« … Il me dit de m’asseoir, seul, et de laisser mes pensées, souvenirs et idées venir librement à moi. Il me recommanda de faire un effort pour laisser une voix venue des profondeurs me parler et me dire ce que je devais sélectionner.

Bien qu’il semblait à l’époque que don Juan m’avait donné cette instruction sur l’impulsion du moment, à mesure que le temps passait, il m’a révélé que la collecte d’une telle collection est une tâche traditionnelle donnée par les chamans de sa lignée à leurs apprentis. Don Juan dit qu’on l’a appelé une collection ou un album, car c’était comme un album de photos fait à propos des souvenirs des événements ayant eu une signification profonde dans la vie du chaman, les événements qui ont changé les choses pour lui, qui ont illuminé son chemin. »

    • Carlos Castanéda, Le voyage définitif

*originellement appelé « sorcellerie » dans ces régions, sans la connotation péjorative, qui a valu à l’Europe de détruire ses racines au cours des siècles via ce que l’on appelait les « hérétiques », les « païens », les « sorciers et sorcières »

La salle de méditation au milieu de l’écrin de verdure de l’hôtel

Écrit à Paris

Auroville

Le « Matrimandir », l’oratoire de la Mère, construction sacrée représentant la conscience divine s’incarnant sur Terre.

Pas d’idées profondes sans forêt. Pas d’écologie sans beauté authentique.

Elles sont la racine de la culture.

Tout au moins, pas de paix sans la présence de cette beauté originelle qui nous relie au vivant.

Sans ce sentiment d’urgence de recréer de la beauté, qu’elle soit forêt ou bien temple, il n’y a pas d’écologie possible.

La « lutte écologique » n’ est donc pas la préservation de valeurs et d’éthiques mais bien la collaboration à un monde reconnecté.

En dépassant cette écologie de surface on touche un espace infini de valeurs et d’éthiques liés ensemble par un sentiment d’appartenance et d’expansion de conscience.

Il n’est plus, dès lors, question d’un « désir d’écologie » mais bien d’une puissance, d’une énergie enracinant l’esprit dans la matière.

Il n’est pas de travail efficace de l’esprit, il n’est pas d’enracinement mental efficient sans un travail profond de la matière : le corps, le temple de notre incarnation. Nos activités physiques ne sont donc pas liées à une trivialité ou réduits à des besoins primaires mais bien liés à des moments de transformation uniques.

La forêt ethnobotanique de Pitchandikulam, dans la ceinture verte d’Auroville, avec sa pépinière de plants.

Écrit à Pitchandikulam Forest

L’Arche de Lanza del Vasto

Les jardins potagers, vus des bâtiments

Située en contrebas d’une colline surplombant le Vercors, la communauté de l’Arche de Saint Antoine vit dans les anciens bâtiments de l’Abbaye.

Cette micro-société d’une soixantaine de personnes accueille séminaires de développement humain, de pratiques énergétiques et de communication non-violente. Elle a aussi crée son parcours de formation unique en France, la FEVE (Formation et Expérimentation au Vivre Ensemble) sur une durée d’un an, en partage de la vie communautaire.

D’inspiration chrétienne et gandhique, son ouverture m’a touché.

Aussi, j’ai eu l’idée, d’après son créateur Lanza Del Vasto qui prônait un retour à la simplicité et un retour à la nature de transmettre cette prière, écrite à Tamera lors d’un cercle de prière matinal :

« Je veux adresser cette prière à tous ceux qui se sentent heureux devant leur lumière bleue

À tous ceux qui, entourés de béton,

Ne voient jamais les étoiles ou la couleur du ciel matinal

À tous ceux qui ne savent pas danser leur Être

Et qui ne connaissent aucun chant qui ne les fasse résonner

À tous ceux qui jouissent de leur corps sans savoir exprimer leurs émotions

À tous ceux qui, enfermés dans cette confusion de chair, d’âme et d’esprit

Ne savent séparer ce qui leur appartient de ce qui leur est étranger

À tous ceux qui vivent leur vie par procuration

Puissent-ils alors recouvrir leurs sens et leur faculté de penser propre

Puissent-ils être heureux sans être indifférents

Puissent-ils être contents sans être fat

Puisse cette lumière du ciel descendre sur eux

Et ouvrir leurs cœurs engorgés de tristesse

Puissent-ils retrouver le chemin de leur Être véritable, authentique et naturel »

Séance d’énergétique corporelle dans la cours du cloître