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De l’Agriculteur au Permaculteur

Nous avons voulu trop savoir alors nous avons oublié…

S’il est une réalité dont il faut parler, c’est bien du déni de notre civilisation vis-à-vis de sa matrice la Terre. Les agriculteurs en sont un exemple flagrant. Leur réalité est dure : souvent très mal payés pour un travail sans relâche.

C’est bien pour ça que j’ai quitté la profession pour devenir Permaculteur.
Et j’ai décidé, malgré 4 jardins quittés en cours, de continuer dans cette voie.

Agriculteur de l’éphémère, surfant sur la prochaine vague de terre qui me serait proposée.

Quittant, au fil des incohérences administratives, des volontés de possession et d’une économie asservie au rendement mes chères créations.
Semant, partout où j’allais, aubergines, tomates, haricots et surprises devant l’ouvrage réalisé, j’ai décidé de ne prendre aucune ornière, pour être libre de tout jugement.
Plus que tout je ne désire ni être trié, classé, scruté, observé, catalogué…
Ce qui fait de moi une espèce changeante, parfois dérangeante et souvent bouleversante.

J’ai décidé de ne plus attendre le prochain jardin.
Mon prochain jardin sera devant moi, dans l’instant présent.
Il est comme un rêve qui doucement se réalise.

Ne marchez pas si vite, si fort, la Vie est douce si l’on sait écouter ses rêves sans rêvasser. Si l’on sait créer sans attendre de bénéfice. Si l’on sait redevenir innocent et simple.

C’est notre travail de chacun, avant de se dire ceci ou cela.

Nous avons oublié :

L’ivresse du jeu.
La tendresse des amis.
Le bleu du ciel, allongé dans l’herbe.
Le creux d’une après midi quand tout le monde dort.

L’insouciance de la poésie des relations quant il n’y a pas de pression.
La vertu de l’errance, des divagations, des digressions.

Dès lors nous sommes comme asservies par elles, ces dernières copulent dans la sévérité ambiante, pour devenir une maladie anti-sociale adultère.

Il est temps.

Redevenons des enfants.

Forum des Écovillages

Forum des écovillages de France, au Forum 104, à Paris, un événement cosmique

Un moment incroyable et bien plus imprévu que ce à quoi je m’attendais !
Si l’on m’avait dit qu’un jour j’organiserais ça…
Une dynamique permaculture – écovillage, un sketch, puis des exercices de dynamique de groupe, un forum où tout le monde a pu se soutenir et échanger en profondeur…
Sans compter la venue d’Isis Noor qui a ajouté une dimension spirituelle et une réflexion de fond sur l’Afrique…
…Et qu’en plus cela se terminerait par des câlins et une cérémonie de clôture inoubliable ! J’aurais dit non jamais ! Et pourtant la réalité dépasse largement le rêve !!!
Gratitude, gratitude, gratitude…

Isis Noor : Cofondatrice de la Fédération Agro Ecologique de Bénin (FAEB) au coté de la famille Jah et le Pierre Rabhi.
Co-fondatrice de l’association Duniamâ, elle organise une rencontre d’agro-écologie et différentes formations en Casamance.
Isis a une démarche spirituelle par une reconection à la nature, et honorer le féminin sacrée.
Elle s’investit pour la souvraineté alimentaire, au Togo, au Bénin, au Sénégal, en Martinique.
En Casamance elle accompagne le projet de jardins de femmes à Colomba qui rassemble 60 femmes du village pour transformer des jardins agro-chimiques en jardins de permaculture.

 Écrit à Paris.

Être au service de la vie

 

Les jardins d’Éféa, dans l’Oise au Lieu restauré.

Quoi de plus beau que de servir une cause?

Quoi de plus sensé que de s’inscrire dans une telle dynamique.

Plus généralement, de quoi est faite notre vie? De services. Nous rendons service à un système, des principes, une éthique, qu’elle soit vraie ou fausse.

Il n’appartient qu’à nous de nous mentir ou d’être honnête.

Qu’est-ce que l’Ego? Rien de plus qu’un système, une historicité, une mémoire corps-psychisme dont nous choisissons – par dépit, facilité, évitement, faiblesse, pusillanimité – ses sillons bien tracés.

Nous pouvons, si nous devenons des historiens honnêtes (en référence à son historicité intérieure) revenir sur ces traces, ces sillons et en sortir grâce au discernement, l’analyse, l’introspection, la méditation et la pensée incarnée.

Alors vient la question: sommes-nous au service de l’Ego (et donc de l’historicité de notre cadre de vie: la ville, le monde moderne psychotique et destructeur, la société du spectacle) ou sommes-nous au service de la vie?

Je suppose que si l’on se posait la question de manière vécue et vivante vous quitteriez immédiatement la ville.

Et l’économie dans tout ça? Que faire de cette religion qui a colonisé jusqu’aux racines de notre pensée? Je la nommerais plutôt « Egonomie »: êtes-vous impliquée en elle? Ou bien fait-elle loi? Êtes vous à son service ou bien au service de la vie?

Gratitude. Gabriel Lechemin