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De l’Agriculteur au Permaculteur

Nous avons voulu trop savoir alors nous avons oublié…

S’il est une réalité dont il faut parler, c’est bien du déni de notre civilisation vis-à-vis de sa matrice la Terre. Les agriculteurs en sont un exemple flagrant. Leur réalité est dure : souvent très mal payés pour un travail sans relâche.

C’est bien pour ça que j’ai quitté la profession pour devenir Permaculteur.
Et j’ai décidé, malgré 4 jardins quittés en cours, de continuer dans cette voie.

Agriculteur de l’éphémère, surfant sur la prochaine vague de terre qui me serait proposée.

Quittant, au fil des incohérences administratives, des volontés de possession et d’une économie asservie au rendement mes chères créations.
Semant, partout où j’allais, aubergines, tomates, haricots et surprises devant l’ouvrage réalisé, j’ai décidé de ne prendre aucune ornière, pour être libre de tout jugement.
Plus que tout je ne désire ni être trié, classé, scruté, observé, catalogué…
Ce qui fait de moi une espèce changeante, parfois dérangeante et souvent bouleversante.

J’ai décidé de ne plus attendre le prochain jardin.
Mon prochain jardin sera devant moi, dans l’instant présent.
Il est comme un rêve qui doucement se réalise.

Ne marchez pas si vite, si fort, la Vie est douce si l’on sait écouter ses rêves sans rêvasser. Si l’on sait créer sans attendre de bénéfice. Si l’on sait redevenir innocent et simple.

C’est notre travail de chacun, avant de se dire ceci ou cela.

Nous avons oublié :

L’ivresse du jeu.
La tendresse des amis.
Le bleu du ciel, allongé dans l’herbe.
Le creux d’une après midi quand tout le monde dort.

L’insouciance de la poésie des relations quant il n’y a pas de pression.
La vertu de l’errance, des divagations, des digressions.

Dès lors nous sommes comme asservies par elles, ces dernières copulent dans la sévérité ambiante, pour devenir une maladie anti-sociale adultère.

Il est temps.

Redevenons des enfants.

Permaculture et spiritualité

Permaculture Holistique. Quoi ? La Permaculture C’EST HOLISTIQUE !

Bon. Je vois, alors comment ça se fait qu’à l’heure actuelle c’est à 70 % du jardin ?

On va me dire : mais si on parle de Culture…

Holmgren, Mollison, Fukuoka, la règle des 3. 90% de l’intellectuel… combien d’intuition et de ressenti?

Oui, il y a des bases, certes. Derrière ces pilliers bien rassurants il y a tout de même les aborigènes d’Australie.

Ça rassure les cartésiens : on enlève un mot, on déplace le sens pour le transmettre, on adapte, bref on transforme, on traduit en termes compréhensibles un sens beaucoup plus profond ayant rapport au divin, au sacré, au tout, au chant unifié peu importe comment vous l’appellerez…

On confond au passage laïcité et athéisme religieux.

Qui, au mieux fait psychorigide, et au pire, relativiste et nihiliste.

Mais la Spiritualité ça dérange, ça fait pas sérieux.

C’est du ressenti, c’est du vécu, c’est de la Culture.

On oubliera que Décartes était croyant, et qu’à trop vouloir penser tout comme une machine il s’est laissé mourir dans son lit : à trop vouloir savoir on a oublié.

Tout se passe comme si, tout dialogue devait avoir lieu à la périphérie, pour ne pas déranger les vérités établies.

Je questionne : la Permaculture est-elle une spiritualité ? Faut-il nier son identité au profit d’un dieu athé ?

Soutenir notre projet de stage et de réseau : https://www.helloasso.com/associations/meditation-naturelle/collectes/permaculture-holistique

De la Permaculture aux Écovillages

Image prise lors du Forum Ouvert qui a suivit la conférence, 160 personnes sont venues au total ! Une réussite !!

Un grand merci pour votre présence lors de ce jour inoubliable ! Nous espérons pouvoir faire des événements de la même ampleur l’année prochaine et multiplier les dynamiques le plus possible. Merci à Ben pour sa prestation.
Pourquoi pas imaginer un événement par an à Paris (conférence et Forum) et une conférence et un forum dans une région de province chaque année…
Tous les messages de remerciements sont bien plus que ceux qui ont volé les livres de permaculture sur le présentoir ou encore ceux qui ont dénigré sans regarder les efforts colossaux développés pour engendrer un tel événement…
Gratitude, simplicité, rêve…
Puisse vos projets se développer !!

 Écrit à Paris

Le Yoga du Feu

Chintamani. Roerich 1935-1936

Le yoga, je ne savais pas qu’il y en avais autant de sortes.

À Communita di Etica Vivente, dans le centre de l’Italie, entre l’Ombrie et la Toscane, s’est développée une communauté autour du travail d’Elena et Nicolas Roerich, elle ayant canalisé une forme raffinée de yoga, l’Agni Yoga, et lui ayant réalisé une œuvre marquante en peinture.

Yoga, « cheminement vers l’unité », ou suivant d’autres définitions, moyen pour aller vers « l’arrêt des modifications du mental ».

Ici j’y ai découvert une communauté spirituelle forte, autour d’enseignements riches.

J’y ai taillé la vigne et j’ai proposé un projet de compost liés aux jardins pour aller vers une démarche davantage écologique.

Je ne sais toujours pas ce qu’est l’Agni Yoga, mais j’ai pu comprendre et embrasser la diversité des modèles que renferme ce mot devenu si synonyme de « gymnastique rassurante » dans nos sociétés contemporaines, alors qu’il s’agit bien d’un travail intérieur et de cheminement vers l’Unité.

 Écrit quelque part.

Auroville

Le « Matrimandir », l’oratoire de la Mère, construction sacrée représentant la conscience divine s’incarnant sur Terre.

Pas d’idées profondes sans forêt. Pas d’écologie sans beauté authentique.

Elles sont la racine de la culture.

Tout au moins, pas de paix sans la présence de cette beauté originelle qui nous relie au vivant.

Sans ce sentiment d’urgence de recréer de la beauté, qu’elle soit forêt ou bien temple, il n’y a pas d’écologie possible.

La « lutte écologique » n’ est donc pas la préservation de valeurs et d’éthiques mais bien la collaboration à un monde reconnecté.

En dépassant cette écologie de surface on touche un espace infini de valeurs et d’éthiques liés ensemble par un sentiment d’appartenance et d’expansion de conscience.

Il n’est plus, dès lors, question d’un « désir d’écologie » mais bien d’une puissance, d’une énergie enracinant l’esprit dans la matière.

Il n’est pas de travail efficace de l’esprit, il n’est pas d’enracinement mental efficient sans un travail profond de la matière : le corps, le temple de notre incarnation. Nos activités physiques ne sont donc pas liées à une trivialité ou réduits à des besoins primaires mais bien liés à des moments de transformation uniques.

La forêt ethnobotanique de Pitchandikulam, dans la ceinture verte d’Auroville, avec sa pépinière de plants.

Écrit à Pitchandikulam Forest

La civilisation, un projet

Le permafest de 2016, organisé par l’asso BrinDePaille, une réussite!

Notre monde moderne réfute toute possibilité de vivre naturellement. Il est détestable car il est enfermé dans la tête (teste).

Il n’y a pas d’avenir possible à un tel monde, à moins d’en créer un autre, sortant des apprentissages conscients et inconscients, les formatages, les interdits, les dogmes, les lois.

Sortir de la tête c’est sortir de ce monde. C’est vivre. La vie n’est pas possible à l’intérieur. À moins de consentir à renier sa vitalité pour des panacées et un confort qui viendrait combler des névroses.

Nous avons suffisamment de confort au sein de notre « société », suffisamment de façons d’éviter la vie, le vivant en soi par la compensation extérieure (les biens et services compensatoires, la vie par procuration) qu’aucune vie n’est possible dans les villes – sinon absurde ou menacée.

Pourquoi de si nombreuses personnes se rassemblent-elles en leur sein, si ce n’est pour se donner l’illusion de vivre en société?

Pourtant, elles ont peine à se connaître les unes les autres.

Il n’y a pas de solitude plus totale et de mensonge plus béant.

Gagnez la nature, la forêt, la campagne, les montagnes, les communautés !

Une vidéo de deux amies passionnées, Eugénie Dumont et Serena Aurora, en anglais, sur la communauté Taméra, au Portugal. Une véritable culture holistique en action!

Permaculture

Permaculture

Ingénierie des écosystèmes, science de l’écologie, pensée, revendication, notion d’appartenance à un territoire, hortithérapie, transmission d’un savoir faire, systémique, approche globale, holistique…

C’est tout cela à la fois et bien plus si l’on considère que ses inventeurs aux racines sont des penseurs, innovateurs dans les domaines sociaux, de l’agriculture et du milieu de vie.

Ainsi, à mon sens il est impossible de penser la permaculture sans envisager tous les penseurs de ce mouvement (avec un petit « m » dixit Steve Read).

Et encore bien impossible sans sortir des carcans, faire de la permaculture c’est comme faire de la méditation, c’est sortir du connu, des représentations pour aller vers le vivant, l’expérience sans filtre, la vie sans protection.

Quelques sites intéressants pour comprendre cette approche:

http://www.permaterra.fr/

http://permaculture.mains-sages.org/ – réseau sud med et le site d’Éric Escoffier

http://www.permaculturefrance.org/ – UPP université populaire de permaculture, cours et certification

http://asso.permaculture.fr/ – Association francophone du réseau national de permaculture

http://ecologieinterieure.org – le site de Yann Thibaud, chercheur et animateur de stages, lié à la permaculture intérieure

La nature en Ardèche, au détour d’une randonnée magique: dans les creux d’un volcan à un plateau champêtre de vaches paissant paisiblement, en passant par une cascade au creux de gorges.

Merci pour cette beauté, que de gratitude. Une échappée lors du festival de permaculture organisé par Brin de Paille.

Perd ma culture

Et si nous nous déprogrammions de nos apprentissages, si nous perdions notre culture pour en trouver une autre plus appropriée, plus intègre? Au delà de l’idée d’une « table rase » civilisationnelle c’est plus que jamais de discernement, d’intériorité et d’intégrité écologique dont nous avons besoin.

Sommes-nous capables de penser l’écologie si nous sommes incapables de passer un moment seul?

Est-on capable de penser en remettant en cause ses besoins, ses repères?

J’entends encore une fois la pensée comme ce qui vient à la conscience, pas seulement ce qui est de l’ordre du raisonnement intellectuel. Ainsi la pensée englobe l’ensemble des champs de perception de l’humain : sa respiration, ses émotions, son imagination, son intuition et son intellect.

Ce qui participe à amener à la conscience, est la pensée. La pensée vivante, la pensée vécue, incarnée, insoumise, transcendantale (transgressif c’est déjà pris par la machine à laver de l’art contemporain). La pensée recherche, analyse, méditative, introspective…

Nous sommes bien issu du pays dit « des lumières » à vocation universaliste. Qu’avons-nous fait de cette pensée ? Qu’avons-nous fait de cette faculté de penser ?

Je propose le cadre (et le non-cadre, en ce sens que l’un respire en faveur de l’autre) de la permaculture pour penser une civilisation.

Du discernement plus que jamais.

*expression de Jean-Luc Daneyrolles, agriculteur grainetier dans le Lubéron, Le Potager d’un Curieux

* Vertu : Disposition spirituelle à agir avec persévérance en accord avec la loi divine. – Le Larousse

Être au service de la vie

 

Les jardins d’Éféa, dans l’Oise au Lieu restauré.

Quoi de plus beau que de servir une cause?

Quoi de plus sensé que de s’inscrire dans une telle dynamique.

Plus généralement, de quoi est faite notre vie? De services. Nous rendons service à un système, des principes, une éthique, qu’elle soit vraie ou fausse.

Il n’appartient qu’à nous de nous mentir ou d’être honnête.

Qu’est-ce que l’Ego? Rien de plus qu’un système, une historicité, une mémoire corps-psychisme dont nous choisissons – par dépit, facilité, évitement, faiblesse, pusillanimité – ses sillons bien tracés.

Nous pouvons, si nous devenons des historiens honnêtes (en référence à son historicité intérieure) revenir sur ces traces, ces sillons et en sortir grâce au discernement, l’analyse, l’introspection, la méditation et la pensée incarnée.

Alors vient la question: sommes-nous au service de l’Ego (et donc de l’historicité de notre cadre de vie: la ville, le monde moderne psychotique et destructeur, la société du spectacle) ou sommes-nous au service de la vie?

Je suppose que si l’on se posait la question de manière vécue et vivante vous quitteriez immédiatement la ville.

Et l’économie dans tout ça? Que faire de cette religion qui a colonisé jusqu’aux racines de notre pensée? Je la nommerais plutôt « Egonomie »: êtes-vous impliquée en elle? Ou bien fait-elle loi? Êtes vous à son service ou bien au service de la vie?

Gratitude. Gabriel Lechemin