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Réponse aux 90% d’échecs

En réponse à la journaliste d’Aeon, qui titrait « la plupart des expériences communautaires sont vouées à une Vie courte, tout comme les Start-ups. Qu’est-ce qui fait la différence entre le succès et l’échec? »

https://aeon.co/essays/like-start-ups-most-intentional-communities-fail-why

De prime abord intéressant dans son accroche, l’article se révèle assez peu creusé, pauvre dans sa description, surtout quant on pense à l’expérience dont la journaliste témoigne…

Je vais m’efforcer cependant de vous préciser des éléments de contexte

« Si les communautés d’aujourd’hui offrent des échappatoires au culte de l’individualiste seulement pour des classes privilégiées bohémiennes, entrepreneurs ou chercheurs spirituels, malgré leur succès matériel certains pourraient bien affirmer qu’elles aient échouées. Si ces expériences collaboratives créent des brèches de sens dans des couches très variées de la population ou pointent du doigt des question centrales de justice sociale et d’économie, l’inégalité reste globalement la même. Peut-être une construction plus usuelle – plus populaire aux États-Unis – serait la « contre-culture » ou « culture alternative » organisée de façon informelle par une grande variété d’individus discrets qui vivent et pensent différemment mais qui se mêlent au « mainstream » (la masse).
Les contre-cultures* ont le potentiel de maintenir une vision et des valeurs bien définies mais utilisent aussi les infrastructures et les avantages de la société de masse. De façons multiples, ces utopies concrètes ne sont rien de plus que des amas, des poches de culture alternative qui s’affichent comme des entités autonomes. »

*Shadow culture en anglais

Je dirais plutôt que la culture alternative, imprécise car elle n’est pas un réseau mais plutôt une amibe culturelle aux interactions difficilement mesurables peut vivre en osmose avec les utopies concrètes. Je pense même qu’une utopie concrète, un écovillage doit vivre de la même façon que celle décrite pour l’individu dans cet article : avec un pied dans chaque culture.

Je ne comprends pas en revanche le côté d' »affiche » de « mise en avant » évoqué par la journaliste. Il y a des individus discrets et d’autres non, des communautés discrètes et d’autres non.

Tout dépend du modèle économique choisi et si la communauté, l’utopie concrète ou l’écovillage dépend de son image pour vendre quelque chose – ce qui est souvent le cas, d’une manière ou d’une autre si l’on veut avoir un pied dans le système globalisé. Quelques ornières culturelles subsistent mais je ne pense pas qu’il ne fasse faire uniquement honneur qu’à une amibe culturelle difficilement identifiable d’acteurs du changement.

L’analyse est donc bien évidemment partielle et partiale. L’auteure, inévitablement vient imprimer son opinion sur des faits non représentatifs de ce que j’ai vu de mon côté.

Je pense au contraire que ces amas de culture alternative son des phares, des repères pour notre futur commun. Sans ces amas, qui rendent ces cultures « autres » identifiables – ils travaillent sans cesse leur vision, leurs valeurs – les nouveaux repères ne pourraient être tracés.

De plus c’est sans compter l’émergence de réseaux et de mouvements fédérant ces communautés intentionnelles qui tissent petit à petit un maillage de changement profond de notre société.

Je ne pense pas non-plus qu’il soit juste de dire que ces communautés soient réservées à des « privilégiés ». Je pense plutôt qu’elles sont des points de rassemblement pour des personnes en quête de sens, qui veulent vivre en cohérence avec leurs valeurs et aspirent à évoluer elles-même. Il faut donc nécessairement une certaine dose de courage pour créer ou rejoindre une communauté intentionnelle, mais aussi de l’humilité pour accepter et trouver sa place au sein d’un collectif.

Pour rejoindre une utopie concrète il faut nécessairement apprendre à s’exprimer en public, à accueillir ses émotions, à évoluer sur le plan individuel, à s’adapter et créer en permanence de nouvelles façons de vivre.

Pour vivre en écovillage, il faut pouvoir vivre au cœur de la Vie.

Lorsque l’on rejoint la foule anonyme, nous pouvons de nouveau nous cacher dans les faux-semblants, les activités chronophages, les images…

Un écovillage n’est donc pas comparable à un réseau informel d’acteurs du changement. Un écovillage est un catalyseur, un point de rencontre et un lieu d’accélération d’évolution individuelle.

En lien, la vidéo Thinkerview sur les Crapauds fous, ces surdoués de l’évolution et du changement qui bousculent les normes, créent des nouveaux tunnels de sens. On y verra une rapide allusion à la Vie en communauté – si naturelle, si nécessaire – de ces individus surdoués.

Il serait encore une fois trop rapide de dire que les écovillages seraient un phénomène artificiel de société. C’est bien plus simple que cela, mais pour le savoir il faut en avoir fait l’expérience.

Ridicule, dangereux, évident

Le hameau des buis, par Patrick Lazic

Vous connaissez la fameuse phrase attribuée à Gandhi :

« D’abord ils vous ignorent, ensuite ils se moquent de vous, après ils vous combattent et enfin, vous gagnez ».

C’est une phrase que l’on peut entendre lorsque l’on entreprend un changement de société.

Les écovillages en sont bien témoins. Rares sont ceux qui n’ont pas reçus une étiquette « secte » dans ses débuts. Mais rassurez-vous nous sommes dans le pays le plus raciste d’Europe* et la quasi totalité des médecines et des écoles alternatives ont reçu ce sobriquet. Rares sont les alternatives qui n’ont pas vu l’organisme de la « santé mentale » en France les étiqueter ainsi. Des entreprises faisant découvrir les spiritualités du monde, des intervenants en développement personnels et une école ont même vu débarquer la police** !

Rappelez-vous bien ces mots : « Ridicule, dangereux, évident » synthétisant la pensée de Gandhi.

Il se pourrait bien qu’ils vous frôlent, mais ne vous laissez pas impacter par eux. Qui plus est, en France nous avons un état d’esprit frondeur, toujours prompt à râler.

Ne vous faites pas rattraper par le consensus antagoniste (ceux qui sont contre par principe mais ne proposent que peu d’alternatives concrètes) créez votre projet sans vous soucier des râleurs, des destructeurs et des violents.

Après le ridicule : « des foutaises tout ça ! », l’incompréhension : « mais vous ne pouvez pas vous intégrer à la société telle qu’elle est ?! », l’indifférence – silence glacé, le cynisme*** : « ça n’a jamais marché et ça ne marchera jamais », « un truc de bobos tout ça » vous devrez faire face aux menaces, à l’agression : « secte ! », puis un peu plus tard – lorsque votre lieu sera installé, les mêmes reviendront vous voir avec une fleur au bout des lèvres (pour ne pas dire au fusil), gonflés d’enthousiasme : « c’est génial ce que vous faites », « tout le monde devrait faire pareil » voire même – véridique*4 – « c’est tout à fait normal, tout le monde en parle ».

Il y a décidément quelque chose de déstabilisant dans cette attitude du grand public et des journalistes face au changement, quelque chose à mi-chemin entre l’indifférence, le cynisme et la suffisance.

Vous ne pourrez rien y faire, si ce n’est éduquer, rayonner simplement.

Beaucoup d’entre nous sont malheureusement des déportés économiques, tributaires de la montre et du temps qui les esclavagise, ils n’ont que peu de disponibilité de leurs neurones pour s’intéresser aux possibles, aux solutions… jusqu’à ce que cette même montre ne les écrase avec une maladie, un burnout, une dépression ne les force à regarder en face la Vrai Vie, celle qui ne se vend pas, celle qui ne se compromet que pour se suffire à elle-même.

 

*https://www.nikopik.com/2013/10/racisme-dans-le-monde-la-france-figure-dans-le-top-10-des-pays-les-plus-racistes.html
> une autre réflection intéressante à ce sujet : https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/tout-est-politique/tout-est-politique-la-france-est-le-pays-le-plus-genereux-et-le-plus-raciste-du-monde-parce-qu-il-a-invente-l-homme-universel-estime-l-ecrivain-marek-halter_2557091.html
**
*** en France on confond le scepticisme avec le cynisme. Pour faire une différenciation, le sceptique ne croit pas à quelque chose mais est prêt à essayer. Le cynisme réfute tout, sans même daigner essayer. Le cynisme a en plus avec lui l’état d’esprit de supériorité, de suffisance et de dédain ainsi que la fermeture à toute proposition.
*4 en témoigne l’expérience des habitants du « Hameau des Buis » en France et de « Los Portales »en Espagne. Taxés d’abord de secte par des journalistes disant vouloir faire un reportage sur leur lieux (détournement du langage et mensonges), d’autres journalistes sont venus 20 ans plus tard en s’exclamant « tout le monde devrait faire ainsi ! ».

 

Ce que n’est pas un Écovillage…

Enseignement artistique dans la Nature à Taméra

Un Écovillage n’est pas…

un lieu où l’on vit chacun chez soi, un peu comme dans le monde conventionnel mais avec un label « bio… »

un lieu où l’on vit à l’abri des conflits et des émotions

un lieu où l’on va pouvoir ne plus avoir de contact avec le monde extérieur…

… car il ne s’agit pas de fuir la Vie, mais bien de la retrouver

Un Écovillage c’est :

un lieu où l’on va pouvoir se ressourcer

un lieu où l’on invente de nouvelles façons de faire avec le monde libéral dans lequel on est

un espace des possibles, mais pas un espace de tous les possibles

un lieu pour vivre au cœur du monde, au cœur de la Vie

…et où l’on va chercher des solutions, car ce qui se résout au sein d’un groupe dont les relations sont fortes est souvent résolut pour une plus grande population

Tout comme la loi de l’attraction le stipule, ce que l’on change en soi, nous le changeons pour les autres.

Belle année 2018 !

Tamera Heling Biotope, Portugal

Écrit dans le Jura, à Asnans-Beauvoisin

Une Cabane dans la Forêt

Reinold Gober

Le 7 et 10 Novembre dernier, l’Association Méditation Naturelle a organisé une rencontre des Écovillages et de la permaculture, à Paris au Forum104 et en Ariège à Foix.

Le but de ces événements était de réunir non des idéalistes et des rêveurs pour bâtir un futur utopique, mais des pragmatiques, des personnes prêtes à se regarder de l’intérieur avant de blâmer et de poser la faute sur autrui.

En effet, l’un des slogans du G.E.N. (Global Ecovillage Network, Réseau International des écovillages) est issu de la fameuse phrase de Gandhi : « soyez le changement que vous voulez voir dans le Monde ».

Après un périple de 3 ans au sein d’une trentaine d’écovillages, des formations multiples en développement personnel et différentes méditations, ainsi qu’une formation longue à la médiation relationnelle et un passif en agriculture biologique, c’est tout naturellement que j’ai créé l’association Méditation Naturelle pour porter le projet ambitieux de changer le monde en se changeant soi.
Le public est venu nombreux, prendre des informations sur les réseaux existants, et avoir des points de repères sur la manière de développer un Écovillage, une Écocommunauté.
Ce qui m’a poussé et me pousse toujours à divulguer des informations dans ce domaine si riche et complexe soit-il, c’est le syndrome de « la Cabane dans la forêt ».

Je m’explique.

Lorsque j’étais plus jeune, je rêvais d’un lieu où je serai en paix et où je pourrai faire ce qui me plaît en permanence. Mais j’étais dépressif, mal dans ma peau et j’avais tendance à me le cacher avec des rêves idéalisés de vie sauvage. C’est ce que j’appelle le syndrome de la cabane dans la forêt.

Rêver d’une vie idéalisée sans rien faire pour l’atteindre, ou au prix de luttes sans merci avec soi-même ou les autres, c’est un calvaire constant, une punition sans fin.
Lorsque je fis face à ce malaise, il ne me fut plus possible de faire demi-tour : il me fallut avancer sur la voie du développement de Soi.

Gabriel : – Aujourd’hui, dans nos pays « sur-développés » matériellement il est tragique de constater l’inanité des vies humaines consacrées à brasser de l’air, à faire des travaux inutiles, tout en attendant une inéluctable « relâche ».

Isis : – L’Être européen est en rupture de ban. Sa séparation avec la Nature a enclenché chez lui, une profonde difficulté, à être. Dans sa course au matériel, l’avoir étant devenu sa substance, il a perdu tout contact avec ce qui fait son existence au quotidien ; son environnement, sa Nature – Matrice et Mère non seulement de son Être Essentiel mais également de tous les vivants : le sol, le sous-sol, l’eau, l’air, la terre, les animaux, les arbres, les planètes, l’univers, le Cosmos. Il a perdu contact avec ses différentes couches d’humus qui sont : physiques, émotionnelles, psychiques, spirituelles. Étant « hors de lui », il est aveugle et sourd à son existence, à sa mission, à sa vocation, incapable de jouir de la Vie et de toutes les opportunités qu’elle lui offre.

Gabriel : – L’être humain est privé de Vie s’il ne trouve pas sa mission, sa vocation dans celle-ci. Pire, sans cette ressource, sans ce savoir il est incapable de se guérir ou même de chercher à se guérir. Il est comme prisonnier de lui-même, impuissant.

Pourtant, les peuples racines, aborigènes d’Australie, d’Amazonie ainsi que de nombreuses cultures demandent à leurs jeunes d’aller dans la Nature à la recherche de réponses profondes à la question de leur existence sur Terre.

Isis : – Les peuples racines qu’ils soient d’Amériques, d’Asie ou encore d’Afrique ont pour démarche initiatique d’immerger leurs jeunes au cœur de la Nature, au sein des Forêts qui sont pour eux sacrées. Une immersion nécessaire à leur évolution et qui leur permettra de trouver les réponses à leur quête existentielle.

Gabriel : – Force est de constater que sans ce savoir, les occidentaux que nous sommes resteront des adolescents glacés, ayant même oubliés leurs questionnements intimes.

Isis : – Grâce à ce genre d’événements, dans une démarche participative, d’échanges, Méditation Naturelle œuvre à reconnecter l’Être à sa Nature Profonde.

S’accorder « un temps », en toute honnêteté, pour aller à la découverte d’alternatives possibles . et pour un voyage d’exploration intérieure.

Gabriel : – Ici on ne leur vent pas du « paradisme », un monde édulcoré où ils vont pouvoir enterrer leur tristesse mais un monde où l’on étudie les alternatives et ou l’on regarde en Soi.

La Permaculture Holistique et les Écovillages sont là pour ça.

Atelier conférence au Forum104, Paris, le 7 Novembre 2017

Un lieu pour les accueillir

L’Arche de Cuise, un espace vivant. Chants d’oiseaux, fleurs et jardins rythment la vie quotidienne en communauté.

Tous ceux qui sont déclarés inaptes pour vivre en « société ».
Ceux qui sont invalides, handicapés, inadaptés au travail à la chaîne et à la logique du rendement.

À tout bien regarder, de plus en plus nombreux nous le sommes, dans cette aberration forcenée du capitalisme néolibéral psychotique.
Tout juste je dirais, il y a des handicaps visibles et des handicaps invisibles.

À l’Arche de Jean Vanier, ce que nous apprenons en tant que bénévoles, c’est d’abord que « nous sommes tous des handicapés ».

Certains plus que d’autres, ou du moins, de façon plus visible.

Pour certains c’est la communication, le langage qui fait défaut, pour d’autres c’est l’égo qui prend trop de place.

Rien ni personne n’est à l’abri d’une prise de conscience.

S’y confronter – aux rythmes et aux abus de l’égo – c’est déjà faire le premier pas, et je dois dire que la vie auprès de personnes diminuées m’a appris à ralentir dans une période où je dois sans cesse accélérer pour monter des projets.

Ralentir, parce que pour certains faire 10m en marchant c’est déjà un voyage et une réussite conséquente.

Arrêter de vouloir avoir raison car pour certains, en cas de conflit, c’est la crise d’épilepsie.
Pas le choix il faut avancer.
Je pense qu’ils sont là pour ça.
Ceux qui ne peuvent s’exprimer comme nous.
Ceux qui ne peuvent se mouvoir qu’avec peine.
Ceux qui sont mis au placard.
Ceux que les gens « normaux » oblitèrent parce qu’ils ne savent pas quoi faire.

Sortir de l’indifférence c’est entrer dans la Vie.


L’identité et la mission de l’Arche, autour du monde.
Écrit à Cuise-La-Motte, Arche de Jean Vanier

Forum des Écovillages

Forum des écovillages de France, au Forum 104, à Paris, un événement cosmique

Un moment incroyable et bien plus imprévu que ce à quoi je m’attendais !
Si l’on m’avait dit qu’un jour j’organiserais ça…
Une dynamique permaculture – écovillage, un sketch, puis des exercices de dynamique de groupe, un forum où tout le monde a pu se soutenir et échanger en profondeur…
Sans compter la venue d’Isis Noor qui a ajouté une dimension spirituelle et une réflexion de fond sur l’Afrique…
…Et qu’en plus cela se terminerait par des câlins et une cérémonie de clôture inoubliable ! J’aurais dit non jamais ! Et pourtant la réalité dépasse largement le rêve !!!
Gratitude, gratitude, gratitude…

Isis Noor : Cofondatrice de la Fédération Agro Ecologique de Bénin (FAEB) au coté de la famille Jah et le Pierre Rabhi.
Co-fondatrice de l’association Duniamâ, elle organise une rencontre d’agro-écologie et différentes formations en Casamance.
Isis a une démarche spirituelle par une reconection à la nature, et honorer le féminin sacrée.
Elle s’investit pour la souvraineté alimentaire, au Togo, au Bénin, au Sénégal, en Martinique.
En Casamance elle accompagne le projet de jardins de femmes à Colomba qui rassemble 60 femmes du village pour transformer des jardins agro-chimiques en jardins de permaculture.

 Écrit à Paris.

Nouvelle année, vœux de progrès et prospérité

L’évolution de la vie, concourant à toujours plus de diversité, de complexité et d’expansion.

  • écriteau dans la forêt de Pitchandikulam
 En cette nouvelle année, et si nous pouvions nous inspirer des vœux de la Mère, Mira Alfassa, fondatrice d’Auroville et aspirer à un progrès de la conscience humaine, nous y gagnerions en détermination.

« Surtout être confiant. La grosse difficulté dans la Matière, c’est que la conscience matérielle (c’est à dire le mental dans la Matière) s’est formée sous la pression des difficultés – des difficultés, des obstacles, des souffrances, des luttes. Elle a été pour ainsi dire élaborée par ces choses, et cela lui a donné une empreinte, presque de pessimisme et de défaitisme, qui est certainement le plus grand obstacle.
C’est cela dont je suis consciente dans mon propre travail. La conscience la plus matérielle, le mental le plus matériel est habitué à agir, à faire effort, à avancer à coup de fouet; autrement c’est l’inertie*. Et alors, dans la mesure où il imagine, il imagine toujours la difficulté – toujours l’obstacle ou toujours l’opposition, et cela ralenti le mouvement terriblement. Il lui faut des expériences très concrètes très tangibles et très répétées, pour le convaincre que derrière toutes ses difficultés il y a une Grâce, que derrière tous ses insuccès, il y a la Victoire, que derrière toutes ses douleurs, ses souffrances, ses contradictions, il y a l’Ânanda. De tous les efforts, c’est celui qu’il faut répéter le plus souvent : on est tout le temps obligé d’arrêter ou d’écarter, de convertir un pessimisme, un doute ou une imagination tout à fait défaitiste. » – Mirra Alfassa, dite « la Mère », fondatrice d’Auroville.

* »tamas » dans le texte.

Je rêve d’une union des réseaux écologiques français.

Une union qui ne serait pas définitive mais qui donnerait naissance à un accord, une vision commune, une constitution. Et de cette vision irait bien au loin des territoires, est-il besoin de rappeler que le français est bien loin d’être le langage national, et ce de manière officieuse mais bien réelle, en atteste la prégnance des langues locales, régionales.

Vers un renouveau écologique, une attitude qu’il faut inlassablement répéter, jusqu’à ce qu’enfin, il se manifeste dans la matière !

Les 12 pétales du Matrimandir représentant les 12 qualités essentielles

Écrit à Paris.

L’Arche de Lanza del Vasto

Les jardins potagers, vus des bâtiments

Située en contrebas d’une colline surplombant le Vercors, la communauté de l’Arche de Saint Antoine vit dans les anciens bâtiments de l’Abbaye.

Cette micro-société d’une soixantaine de personnes accueille séminaires de développement humain, de pratiques énergétiques et de communication non-violente. Elle a aussi crée son parcours de formation unique en France, la FEVE (Formation et Expérimentation au Vivre Ensemble) sur une durée d’un an, en partage de la vie communautaire.

D’inspiration chrétienne et gandhique, son ouverture m’a touché.

Aussi, j’ai eu l’idée, d’après son créateur Lanza Del Vasto qui prônait un retour à la simplicité et un retour à la nature de transmettre cette prière, écrite à Tamera lors d’un cercle de prière matinal :

« Je veux adresser cette prière à tous ceux qui se sentent heureux devant leur lumière bleue

À tous ceux qui, entourés de béton,

Ne voient jamais les étoiles ou la couleur du ciel matinal

À tous ceux qui ne savent pas danser leur Être

Et qui ne connaissent aucun chant qui ne les fasse résonner

À tous ceux qui jouissent de leur corps sans savoir exprimer leurs émotions

À tous ceux qui, enfermés dans cette confusion de chair, d’âme et d’esprit

Ne savent séparer ce qui leur appartient de ce qui leur est étranger

À tous ceux qui vivent leur vie par procuration

Puissent-ils alors recouvrir leurs sens et leur faculté de penser propre

Puissent-ils être heureux sans être indifférents

Puissent-ils être contents sans être fat

Puisse cette lumière du ciel descendre sur eux

Et ouvrir leurs cœurs engorgés de tristesse

Puissent-ils retrouver le chemin de leur Être véritable, authentique et naturel »

Séance d’énergétique corporelle dans la cours du cloître