Nouvelle Spiritualité

Naturellement, l’être humain sent vivre en lui un besoin de transcendance. Un élan spontané vers une compréhension toujours plus profonde de son être et du monde dans lequel il est plongé. Si rien en lui ne faisait obstacle à sa réalisation, il pourrait trouver directement toutes les réponses qu’il cherche dans le flot vivant et continu de la sagesse même, à travers son intuition, son ressenti et son intellect éclairé.
Mais un conditionnement très ancien, ancré au plus profond de son inconscient le pousse à se dévaloriser sans cesse. A se méfier de sa nature, de ses désirs, de ses pensées. Il va alors se mettre à chercher ses réponses à l’extérieur de lui-même, dans le discours de ceux qui se positionneront comme plus aptes à parler de spiritualité, adoptant les croyances qu’ils véhiculent sans les soumettre réellement à son propre jugement. On lui dira alors comment penser (ou plutôt quoi penser), comment prier, comment se comporter, soit comment vivre pour pouvoir espérer une évolution positive. C’est ici que se mettent à rouiller tous les rituels automatiques, les pratiques d’habitudes. C’est ici que les expressions toutes faites finissent par vider les mots de leur substance réelle. C’est ici que la sagesse vivante se perd, chassée par un conformisme aveugle qui ne dit jamais son nom.

Et voilà donc que cette démarche spirituelle, au lieu de nous libérer de nos limitations et d’élargir notre conscience, devient une nouvelle source d’aliénation. Étouffant notre être essentiel sous de nouveaux dogmes, de nouveaux masques, encore.

Mais le souffle de la vérité demeure et indique la direction à ceux qui font le choix  de lui tendre une oreille. La direction d’un réel retour vers soi, sans détour ni raccourci possibles.
Sur le chemin de notre réalisation, il s’agit d’accepter de lâcher les images, positives et négatives, que nous avons construites de nous-même au fil du temps et des expériences. Il s’agit d’abandonner nos croyances sur la vie, quelles qu’elles soient. Plonger dans l’inconnu et se laisser surprendre, avec courage et délice. Ainsi, en ne faisant pas obstacle à la libération de nos charges émotionnelles inconscientes, nous retrouvons spontanément l’accès à nos qualités profondes.

Cette reconquête de notre authenticité, seule condition à notre plein épanouissement, dessinera les contours d’une vision différente de ce que l’on appelle aujourd’hui la « spiritualité ».
Dans laquelle la sagesse s’inscrit dans un mouvement permanent au sein duquel aucune norme, aucune règle ne peut se cristalliser, aucune idée ne peut être arrêtée. Une spiritualité concrète et intelligente, basée non plus sur des croyances superstitieuses et dogmatiques mais bien sur les constats d’expériences vécues et partagées.
Dans laquelle l’éveil n’est pas considéré comme un état figé et acquis, mais comme un processus graduel, nuancé et progressif où la notion même de hiérarchie perd tout son sens. Ici, personne ne se croit suffisamment sage pour ne pas pouvoir apprendre d’un autre, qui semble moins « évolué ». A l’inverse, personne ne se croit suffisamment exclu de la sagesse même pour ne pas écouter et faire confiance à son intuition, y compris lorsqu’il s’agit d’évaluer des points de vue ou conseils donnés par quelqu’un que l’on valorise.
Une véritable fraternité trouve alors sa place, dans un relationnel plus mature, se libérant des attentes et projections inconscientes. Nous devenons les uns pour les autres des soutiens, des sources de stimulation et d’inspiration.

Progressivement, au fil du nettoyage de notre inconscient, différents états d’expansion de conscience se manifestent. Spontanément, sans avoir besoin d’entrer en transe, sans avoir recours à des drogues. On peut d’ores et déjà sentir que les visions inspirées qu’ils nous offrent s’étendront à tous les domaines de la vie : artistique, culturel, politique, éducationnel… Sortant de son carcan poussiéreux la dite « spiritualité » actuelle.

Reprenant en main notre évolution spirituelle, à la lueur d’un conscience élargie, nous serons amenés à définir ensemble les bases d’une civilisation nouvelle, enfin.

Publié le 3 juin 2014, par Elfi Reboulleau, etresoi.info

La méditation naturelle

« Si, comme l’affirment les éveillés eux-mêmes, l’Éveil est ce que nous sommes, notre nature intime et notre réalité ultime, alors il n’est nul besoin de recourir à des techniques complexes ou des initiations exotiques ou ésotériques, pour retrouver la mémoire de notre identité véritable.
Nul besoin en effet de discipline sévère, de pratiques rigoureuses ou de connaissances secrètes pour être soi-même, mais simplement le désir sincère de connaître et comprendre ce qui se passe en soi.

Or, dans notre monde, tout semble fait pour qu’à aucun moment, il ne soit possible de se livrer à cette exploration intérieure, l’esprit étant constamment occupé par de multiples activités et les rares moments de repos, meublés par le son de la radio, de la télévision ou de l’ordinateur.
Même les instants consacrés à la méditation sont le plus souvent employés à se conformer à des techniques, protocoles ou systèmes, consistant à se focaliser sur un son, un objet , un symbole, une idée, un endroit du corps, etc.
Or, pour que l’être intérieur ou le moi profond puisse se manifester, encore faut-il lui en laisser la possibilité et, pour cela, se tourner vers l’intérieur et s’ouvrir à ce qui survient spontanément en soi.

Lorsque l’on entreprend de se connaître et que l’on porte son attention sur son monde intérieur, on est d’abord frappé par sa richesse et son foisonnement : sensations, pulsions, émotions, pensées, désirs, sentiments se succèdent continuellement et (apparemment) sans ordre, ni logique, faisant penser à une jungle grouillante de vie.
Si l’on est adepte de la guerre contre soi, on s’efforcera alors de mettre au pas et faire défiler en rangs bien ordonnés, ce peuple intérieur décidément trop indiscipliné et exubérant ; autrement dit, on tentera, en vue de méditer, de chasser ses pensées (parce qu’elles émanent du « mental », cette sorte d’entité dégoûtante et monstrueuse, censée être la cause de tous nos maux !), de nier ses pulsions et de masquer ses émotions ; et l’on n’aboutira qu’à brider, brimer et briser sa nature intérieure, ses envies, ses instincts, son besoin de bonheur, de joie, de liberté, sa créativité, sa sagesse et son esprit.

Mais si l’on accepte son monde intérieur tel qu’il est, en se contentant de le percevoir avec intérêt, bienveillance et neutralité, alors il reprendra forme et sens : les pensées, dès lors qu’elles sont écoutées, honorées et prises en compte, peuvent s’approfondir, quitter le plan superficiel des réactions émotionnelles et réflexes conformistes, pour donner lieu à des prises de conscience émanant de la sagesse intérieure, s’avérant être source de compréhensions, révélations et inspirations appropriées ; les émotions perçues, acceptées et libérées, se transmutent alors en paix, joie et plénitude ; quant aux désirs, si leur substrat émotionnel se transmute, ils s’approfondissent également et deviennent des intuitions justes et pertinentes, provenant des couches profondes de la conscience.

Ainsi ce que l’on pourrait appeler la méditation libre, naturelle ou spontanée, au lieu d’imposer un ordre arbitraire et artificiel à ses pensées, désirs et sentiments, consiste simplement à les accepter, les laisser être et suivre leur cours naturel, que l’on ne peut déterminer par avance, mais qui aboutit toujours à une réorganisation, réharmonisation et clarification de l’esprit.
Méditer ne consiste donc pas à adopter le look, la posture et les manières du méditant, à singer un modèle ou à devenir une statue vivante, mais au contraire à perdre ou déconstruire les déguisements sociaux, repères et croyances obsolètes, pour laisser resplendir la magnificence du moi véritable.
C’est ainsi que, couche après couche, strate après strate, la méditation authentique permet de se libérer de ces vieux vêtements usés et inutiles, qui recouvrent et masquent le soleil intérieur.

Voilà maintenant quelques décennies que la méditation est devenue à la mode ; et s’est peu à peu diffusée, dans les médias notamment, l’image stéréotypée du méditant installé dans une posture impeccable, accompagnée de l’idée naïve et simpliste que cette seule position immobile allait amener magiquement et automatiquement le bien-être et la sérénité.
En réalité, la méditation est une attitude intérieure, consistant à être constamment conscient de ce qui se produit en soi et autour de soi ; et c’est le développement de cette « conscience-témoin », qui va préparer le terrain et rendre possible l’émergence progressive de l’être intérieur et la venue d’états d’Éveil et d’expansion de conscience.
C’est pourquoi la méditation se pratique tout le temps ou jamais : elle ne consiste pas à s’asseoir en tailleur à horaires déterminés en suivant un protocole précis, mais à être à chaque instant attentif à ce qui advient ; elle est une dynamique intérieure qui se met en place, lorsque l’on commence à percevoir sereinement ses propres fonctionnements, comme le spectacle du monde.

La meilleure position de méditation est simplement celle qui permet le mieux de se détendre, se relâcher, s’ouvrir et lâcher prise, ce qui implique qu’elle sera différente pour chacun et selon le moment de la journée.
Ce qui montre bien que la posture de méditation n’a pas l’importance quelque peu fétichiste qu’on lui accorde, c’est que les états d’expansion de conscience, en pratique, surviennent n’importe quand et n’importe où, dans le courant de la vie, au moment même où l’on se détend et où l’on lâche prise, au restaurant, dans un ascenseur, sur le périphérique, en faisant du ski, en se promenant dans la rue…
L’Éveil comme l’amour ne connaît pas de loi ; il ne dépend pas d’une technique ou d’un enseignement, mais au contraire de l’oubli ou du renoncement à toute croyance, certitude ou idée préétablie.

La méditation, au final, n’est autre que la manière normale et naturelle de vivre, connecté à soi, conscient, centré et attentif à toutes choses, adoptant dès lors naturellement un comportement juste, moral, adapté et efficace.
Et c’est faute de cette vision juste, faute d’être reliés à leur sagesse intuitive, que les êtres humains adhèrent à des idéologies guerrières, obéissent à des traditions cruelles et irrationnelles ou se livrent à des activités malsaines, iniques ou prédatrices.
Aussi, la science de la conscience ou l’art de l’esprit que constitue la méditation, est-elle la clé méconnue qui changera le monde, pour peu que l’on s’affranchisse d’une conception archaïque et figée de la pratique méditative, qui l’identifie à cette étrange manie de rester le plus longtemps possible dans une position rigide, statique et hiératique, sorte d’exploit masochiste, absurde et inutile.

C’est par l’expansion de la conscience et la connaissance de soi, que l’être humain pourra changer profondément et durablement, et sortir alors des multiples impasses actuelles.
Chacun, tôt ou tard, sera amené à se tourner vers son propre esprit et à percevoir son propre fonctionnement ; et ce d’autant plus que se diffusera une nouvelle conception de la méditation, plus simple, plus aisée et accessible à tous, perçue non plus comme un cérémonial contraignant et fastidieux, mais comme un changement de regard sur soi et sur le monde, une découverte du bonheur d’être, de sentir et de vivre.
Car la vie est l’essence même de la méditation ; et la méditation n’est rien d’autre que l’expérience consciente de la vie. »

Extraits de Le bonheur de l’Éveil  (L’Écologie Intérieure 3) par Yann Thibaud.

« Devrais-je méditer tous les jours?

Comme en toute chose, il n’y a ni obligations ni interdits. L’important n’est pas ce que tu dois faire, mais ce que tu choisis de faire.

Certaines âmes cherchent à marcher dans la conscience. Quelques autres reconnaissent que dans cette vie-ci, la plupart des gens sont somnambules. Ils vont dans la vie sans conscience. Mais les âmes qui marchent dans la conscience choisissent une voie différente. Elles choisissent un autre chemin.

Elles cherchent à faire l’expérience de la paix et de la joie, de l’absence de limites et de la liberté, de la sagesse et de l’amour qu’apporte l’Unité, non seulement lorsqu’elles ont quitté le corps ou qu’il est « tombé » (endormi), mais aussi lorsqu’il est levé.

D’une âme qui crée une telle expérience on dit  » Le sien s’est élevé. »

D’autres, dans le prétendu New Age, appellent cela un processus « d’élévation de la conscience ».

Peu importent les termes utilisés (les mots constituent la forme de communication la moins fiable), tout cela revient à vivre dans la conscience qui, ensuite, devient conscience totale.

Et de quoi finis-tu par devenir totalement conscient? De qui tu es.

La méditation quotidienne est une façon d’y arriver. Mais elle exige de l’engagement, du dévouement – une décision de chercher l’expérience intérieure et non la récompense extérieure.

Et rappelle-toi! Le secret se trouve dans les silences. Ainsi le son le plus doux est le son du silence. C’est le chant de l’âme.

Si tu crois aux bruits du monde plutôt qu’aux silences de ton âme, tu seras perdu.

En Somme, la méditation quotidienne est vraiment une bonne idée.

Une bonne idée? Oui. Mais une fois de plus, retiens ce que je viens de dire ici. On peut entendre le chant de l’âme de bien des façons. On peut entendre le doux chant du silence à maintes reprises.

Certains entendent le chant du silence dans la prière. Certains psalmodient en travaillant. Certains cherchent les secrets dans la contemplation tranquille; d’autres, dans un cadre moins contemplatif.

Lorsqu’on atteint la maîtrise – ou même lorsqu’on en fait l’expérience intermittente-, les bruits du monde peuvent être atténués, les distractions calmées, même quant on y est plongé. Toute la vie devient une méditation. Toute la vie est une méditation dans laquelle tu contemples le divin. Cela s’appelle l’éveil ou l’attention véritable.

Ainsi vécue, toute la vie est remplie de bénédictions. La lutte, l’inquiétude et la douleur disparaissent. Il n’y a que l’expérience à laquelle tu peux donner l’étiquette voulue. Tu peux choisir d’appeler tout cela la perfection.

Alors, utilises ta vie comme une méditation, ainsi que tous les événements. Marche en état d’éveil, et non comme si tu étais endormi. Bouge dans l’attention, et non dans la distraction, et ne t’attarde pas dans le doute et la peur, ni dans la culpabilité et la récrimination envers toi-même, mais réside dans la splendeur permanente., avec l’assurance d’être aimé de façon grandiose. Toujours tu ne fais q’Un avec moi. Tu es à jamais bienvenu. Bienvenu chez toi. »

Extrait de Conversations avec Dieu, Neale Donald Walsch